Centre de Honshu
Régions Chūbu et Kantō
 



Autour du Mont Fuji:
Lacs Ashi et Kawaguchi-ko


kamakura

TOKYO
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RELIGIONS


En 2005, selon l'Agence pour les affaires culturelles du Ministère de l'éducation, la culture, des sports, des sciences et des technologies japonais, on comptabilisait :
 - 107 millions de shintoïstes (84 % de la population) ;
 - 91 millions de bouddhistes (71 % de la population) ;
 - près de 3 millions de chrétiens (2 % de la population) ;
 - 10 millions de Japonais pratiquant d'autres religions (8 % de la population).

Il existe de nombreuses religions au Japon mais les deux principales sont le shintoïsme et le bouddhisme. Ces deux religions peuvent s'exprimer simultanément sous la forme d'un syncrétisme ancien appelé shinbutsu shūgō.

La plupart des Japonais ont une vision neutre de la religion et en pratiquent plusieurs dans leur vie. Une même personne peut aller prier au sanctuaire shinto au nouvel an pour une bonne année et avant les examens d'entrée à l'école pour implorer son succès, puis plus tard avoir un mariage à l'occidental dans une église plutôt qu'un mariage shinto, et enfin des funérailles dans un temple bouddhiste. D'ailleurs n'a-t-on pas coutume de dire: "Le Japonais naît et se marie shinto, vit confucianiste et meurt bouddhiste" ?

LE SHINTOÏSME
Le shintoïsme ou shinto ("la voie des dieux") est né au Japon d’un mélange entre animisme, chamanisme, et culte des ancêtres. Parfois il est qualifié de "version japonaise du taoïsme chinois". Avec la culture Yayoi, au début de l'ère chrétienne (entre 300 av. J.-C. et 300 ap. J.-C.),  commence à apparaître une iconographie shintoïste nettement marquée. L'introduction de la culture du riz semble avoir apporté avec elle des rites liés aux semailles et à la moisson. Peu à peu, tous ces cultes de la fertilité, ces vénérations de la nature, parfois capricieuse, se sont mêlés et les dieux, les kami vénérés  par les ancêtres de la famille impériale sont devenus prééminents par rapport à ceux d'autres tribus.
Au sommet du panthéon shinto figure Amaterasu, la déesse du Soleil. Le mythe dit que la déesse sortant d'une  caverne où elle s'était cachée fut éblouie par un miroir qui lui renvoya sa lumière. Amaterasu aurait introduit la riziculture, la culture du blé et les vers à soie (en réalité "empruntés" à la Chine quelques siècles avant l'ère chrétienne). Selon cette religion, tous les empereurs japonais l'auraient comme ancêtre. Amaterasu figure sur le drapeau japonais sous l'apparence du disque solaire.

Avec la refonte de la Constitution en 1868, sous l'ère Meiji, le shinto devint une religion d'État: le Kokka shinto, mettant l’accent sur le patriotisme et l’obéissance à l’empereur en tant que descendant direct de la déesse du soleil Amaterasu. En 1945 le shinto d'État fut alors démembré, mettant un terme au principe de la religion officielle au Japon. On dénombre environ 80 000 sanctuaires (jinja) shinto dans le pays.

Les sanctuaires sont généralement entourés d'une clôture de pierre ou de bois appelée tamagaki et son approche est appelée sandō. Les entrées sont symbolisées par des portes appelé torii. L'enceinte d'un sanctuaire regroupe plusieurs bâtiments. Parmi eux, le haiden, oratoire ou salle de culte,  accessible aux profanes, où il peut y avoir des sièges pour les fidèles. Il est souvent relié au sanctuaire proprement dit situé à l'arrière, le honden  où sont consacrés les kami, par un heiden, ou salle d'offrandes. Le honden, habituellement beaucoup plus petit et sans ornements, est le bâtiment qui contient le shintai, littéralement, "le corps sacré du kami" et normalement fermé au public. Autre édifice à noter,  le temizuya, la fontaine où les visiteurs se lavent les mains et la bouche.
Dans tous les sanctuaires on peut voir des miroirs
(verre argenté, parfois en bronze argenté ou en argent poli) symbolisant Amaterasu. Le miroir est tourné vers le public tandis que la divinité reste invisible.

Pour une sorte de "baptême", les enfants sont présentés au sanctuaire shinto à l'âge de 3 ans pour les filles et de 5 ans pour les garçons.


LE BOUDDHISME
Vers les Ve-VIe siècles, on assiste à l'introduction du bouddhisme (originaire de l’Inde) et du confucianisme (originaire de Chine) depuis la Chine et la Corée.
En 592, après des luttes d'influence avec le shinto, le bouddhisme fut déclaré religion d'État. Le bouddhisme s'est introduit par le haut, dans les classes sociales dominantes, avant d'atteindre le peuple, car ses enseignements étaient relativement difficile. Au VIIIe siècle, le bouddhisme devient la principale religion du Japon.
L'unité de tradition entre le bouddhisme et le shintoïsme a été initiée par le maître Kūkai (774-835) qui expliqua qu'il n'existait aucune différence essentielle entre les deux croyances ou entre kamis et bodhisattvas, ce qui donna un mélange syncrétique des deux systèmes appelé Ryōbu shintō. A la fin du XIIe siècle le bouddhisme Zen est adopté par la classe des samourai favorisant la pratique quotidienne, au lieu des rituels cérémonieux, et recherchant la paix intérieure par la méditation.
Jusqu'à l'interdiction du mélange des kami et des Bouddhas en 1868, un sanctuaire shinto était également un temple bouddhiste et réciproquement.

A noter que l'on désigne souvent et abusivement les moines japonais sous le terme de "bonzes" (il est vrai mot issu du japonais bozu signifiant "maître de temple")utôt usité en Asie du sud-est.


LE CONFUCIANISME
Le  confucianisme est une philosophie et un code social et non pas une religion.

Arrivé au Japon en même temps que le bouddhisme, aux Ve-VIe siècles, le  confucianisme trouve son expression dans la Constitution des dix-sept articles, le premier code de loi écrit du Japon en 604.
La finalité du confucianisme  est la noblesse spirituelle, dont le concept central est ren, la bienveillance, qui se base sur li, la moralité. C'est un bon outil politique pour les gouvernants, permettant la constitution de barrières hermétiques entre les divers groupes sociaux. Instituant un ordre hiérarchique très marqué, une classification verticale très poussée des couches de la société, il érige en tant que dogme l'obéissance aux puissants
À partir du IXe siècle, le néo-confucianisme se diffuse en Corée, au Vietnam et au Japon. Il affirme la prééminence des vertus confucéennes (humanité ren, droiture yi, correction li, sagesse zhi, fidélité xin, sincérité cheng), et la conformité de l’ordre social.
Le confucianisme japonais se révéla, en effet, un défenseur beaucoup plus enthousiaste du régime en place que ne le fut le confucianisme. Au cours de la période Tokugawa, il joua le rôle d'une idéologie reconnaissant la légitimité du régime militaire des bakufu en ce qu'il était approuvé par l'empereur. Tokugawa exigea que tout le monde s’inscrive au temple local, connu comme le danka seido, qui associait chaque demeure à un temple. De plus, on trouve plusieurs aspects du confucianisme dans le bushido, le code des samouraïs. Au cours de l'ère Meiji, son rôle fut de justifier ce que l'on appelle le "régime impérial" (tennösei). De nos jours, le confucianisme exerce encore une influence latente  (respect des ancêtres, piété filiale, obéissance aux aînés, patriarcat, etc.).


 

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 De Handa à Hakone

Samedi 26 septembre

Après avoir débarrassé nos plateaux au Candeo Hotel Handa (c'est le style de nos hôtels Première Classe), départ à 9H et à nouveau sous un ciel bien gris.

Un itinéraire d'environ 300 kilomètres. Après la banlieue sud de Nagoya, c'est un paysage de rizières récoltées ou encore en culture, parfois riz en gerbes mises à sécher sur des perches, cultures maraîchères, immenses filets faisant cages pour des terrains de baseball ou pour des practices de golf, petits champs de panneaux photovoltaïques... Nous passons près du lac Hamana connu pour l'élevage d'anguilles dont 70% sont importées (principalement de Chine mais aussi de notre Camargue). Puis ce sont des plantations de théiers, certaines équipées d'un dispositif original de ventilateurs photovoltaïques destinés à chasser l'humidité à l'origine de maladies.

11H, peu avant Yaizu, une aire de services autoroutière se présente pour la "pause technique". Comme la veille, ici aussi  schémas routiers lumineux affichant des informations sur le trafic  et bien, sûr, les usagers on a leur disposition des batteries de distributeurs en tout genre sur des dizaines de mètres linéaires... On peut aussi jouer au loto japonais... La boutique vend aussi toutes sortes de thés verts: brisé, macha (thé vert moulu), en vrac ou en boîte.

Une vingtaine de minutes après la pause, nous arrivons à Yaizu, petite ville de 150 000 habitants mais port de pêche important.

Visite du marché qui n'est pas qu'un marché aux poissons frais, séchés, fumés. Aucune odeur forte, il est vrai que souvent les produits de la mer sont présentés emballés. Le thon et très apprécié des Japonais aussi ne néglige-t-on pas la chair (joues) que l'on trouve sur les têtes de ces poissons. Un vendeur nous fait goûter ces morceaux cuits. On y voit des crustacés et coquillages (coquilles St Jacques, huitres creuses énormes, calibre 0), pieuvres et poulpes mais aussi des légumes comme les racines de raifort dont on tire la wasabi, la fameuse moutarde japonaise ou des fruits comme ceux du plaqueminier du Japon, plus connu sous le nom de kaki (Disopyros kaki).


Il est midi et il s'impose de  déjeuner couleur locale, dans le tout proche restaurant Nagita. On appréciera ce repas: soupe miso, paillasson ou de croquette de légumes frits (korokke), petite assiette avec kakiage (friture de légumes), petite assiette de tofu  (kinugoshi tofu) et surtout le plateau de sashimis de thon (3 pièces de thon  à la chair rouge  foncé, 2 pièces plus claires et 2 pièces blanc rosé, crevette et seiche). Et en dessert une mousse à la fraise!

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Autour du Mont Fuji: Lac Ashi et Lac Kawaguchi-ko

Nous quittons Yaizu à 13H pour un trajet d'une heure et demie jusqu'au Lac Ashi.  La région du Parc National d’Hakone (122 300 hectares), à quelques heures des plus grandes villes, recèle de véritables monuments naturels: de l’admirable Mont Fuji, le géant sacré du Japon, aux montagnes volcaniques de Hakone, en passant par l’archipel d’Izu. Le site est inscrit au Patrimoine mondial de l'UNESCO depuis 2013.

Compte tenu du ciel très bas, aucun espoir d'y voir le Mont Fuji s'y refléter "nimbé d’une envoûtante aura de magie". En attendant, nous  traversons des villes industrielles et portuaires, passons au nord de la Péninsule d'Izu pour atteindre Hakone.  Hakone, ville de collines aux sources d’eau chaude dont les points d’intérêt sont à la fois d’ordre culturel et naturel, est une station thermale appréciée depuis le IXe siècle. De là, par une route de montagne d'une bonne quinzaine de kilomètres on rejoint le Lac Ashi. Situé à 720 mètres d'altitude,  c'est un lac de cratère (ou caldeira), de 6 kilomètres de long,  qui s'est formé il y a environ 3000 ans à la suite d'une explosion qui fit s'effondrer une partie du mont Kami. Le Mont Fuji est distant d'environ une trentaine de kilomètres à vol d'oiseau, en direction nord-ouest.

 

Notre programme prévoyait qu'à partir du lac, on devait gagner Owakudani et la Vallée des Fumerolles. C'est une vallée volcanique connue pour sa carrière de souffre et ses oeufs cuits dans la vapeur des puits de souffre, spécialité locale qui, dit-on, rallongerait la vie de ceux qui les consomment de 7 années supplémentaires. Mais il est impossible de s'y rendre car depuis le mois de mai 2015 l'accès en est interdit à la suite de secousses et de recrudescence dans l'émission des fumerolles (gaz toxique et notamment hydrogène sulfuré) que l'on sent d'ailleurs jusque sur les rives du lac. Moindre regret compte tenu de la météo...

A la place, on nous propose une mini croisière d'une quarantaine de minutes sur le lac en partant de Togendaiko. Nous n'embarquons pas sur des répliques d'anciens trois mâts européens mais sur un bateau moderne. Le pont bien aménagé en gradins est conçu pour profiter de la vue du Mont Fuji lorsque la météo est favorable. Bientôt, en nous dirigeant vers le sud du lac, nous passons devant le torii flottant d'Ashinoko signalant l'entrée du sanctuaire  Hakone-jinja.

Nous débarquons à Hakone-Machi-ko pour visiter la reconstitution de la Barrière de Seki-sho, un point de contrôle sur la célèbre route de Tokaido qui à l'époque d'Edo reliait Tokyo à Kyoto (et même au-delà, vers Kobe). Ce genre de poste avait pour but de contrôler le passage des armes de seigneurs féodaux se rendant à Edo et le contrôle des personnes par exemple pour éviter que des épouses de seigneurs "retenues en otages" à Edo ne quittent la capitale shogunale et pour vérifier que quelque arme n'était pas dissimulée dans un chignon. Les visites des seigneurs à leur épouse et au shogun à Edo étaient très coûteuses car cela se faisait avec un cortège comptant parfois 150 personnes qui se déplaçaient à pied. Ainsi les daimyos devaient entretenir une résidence à Edo , y demeurer une année sur deux  ou six mois par an. C'était donc un excellent moyen pour le shogun de réduire la puissance de ses vassaux.
Après le musée, la boutique du site permet de découvrir une production originale de l'artisanat de cette région, il s'agit d'une sorte de fine marqueterie, le yosegi-kaeizu. De fines lamelles de bois de diverses essences sont collées pour former des motifs décoratifs ornant les coffrets magiques ou les boîtes à thé.



Nous reprenons notre bus venu nous rejoindre à cet endroit puis longeons la rive orientale du lac pendant un moment. En passant à l'est du Fuji, nous allons parcourir une cinquantaines de kilomètres pour rejoindre l'un des cinq lacs qui s'étendent au pied du versant nord du volcan. Le lac Kawaguchi où nous nous rendons est à 15 kilomètres du cratère, à vol d'oiseau évidemment. C'est le principal point de départ des randonneurs qui font l'ascension de ce volcan sacré auquel seuls accédaient prêtres et pèlerins jusqu'au début du XXe siècle.
Avec 3776 mètres d'altitude, le Mont Fuji est le point culminant du Japon, une altitude qui doit au fait qu'ici se rejoignent les plaques tectoniques pacifique, eurasienne et philippine. Il est apparu il y a 8000 à 10 000 ans et il est toujours considéré comme actif bien que sa dernière éruption remonte à  1707.

Nous logeons à Kawaguchi-ko où nous arrivons à 18H. Le Royal Hotel Kawaguchi-ko se situe sur la rive sud du lac. Donc mauvais emplacement par rapport à la vue mais consolons nous car si la  météo avait été favorable, on aurait pu déplorer de n'être pas situés sur la rive opposée qui offre une vue du volcan, en arrière du lac. L'établissement qui se présente comme un ryokan, c'est-à-dire une auberge traditionnelle est en fait un hôtel de plusieurs étages et s'il fut "royal", cela remonte à pas mal de temps. Pour cela j'hésite entre lui attribuer 1* ou 2*. En effet, les chambres doubles à tatamis de style traditionnel, washitsu,  sont très défraîchies et sans tokonoma (alcôve). Les singles sont particulièrement moches.

Quelques points positifs: les onsen, bains thermaux communs organisés ici sous forme de trois bassins: intérieur (le plus chaud), extérieur couvert et enfin en plein air.

SE BAIGNER DANS LES ONSEN

Dans les onsen, l’eau chaude vient naturellement de sources chaudes volcaniques à la différence de celle utilisées dans les bains sento, où c'est de l'eau chaude venant d'un système de chauffage. Les onsen sont en quelque sorte les "thermes" nippons. Dans la tradition japonaise, le bain est avant tout un moment de détente absolue de l'esprit. Les bains sont très chauds, 40° voire un peu plus.
Depuis l'ère Meiji et l'ouverture du pays à l'Occident, des bassins différents sont mis à disposition des hommes et des femmes (mais il existe parfois des bains mixtes alors appelés konyoku) car à l'intérieur du onsen la nudité est de rigueur. Etonnant paradoxe dans un pays où l'on ne se touche pas en public mais où il n'y a aucune gêne à barboter avec son prochain même parfaitement inconnu...
On ne va pas se laver dans un onsen, on vient s'y détendre, voire s'y soigner (bienfaits thérapeutiques de certaines sources) et c'est aussi un lieu de socialisation.  Puisque l'on n'y vient pas pour se laver, alors tous les baigneurs doivent se laver et se rincer avant d'entrer dans les bassins. Tous les onsen sont équipés de cabines contenant des robinets, des seaux, des tabourets, des produits de toilette et des pommes de douche pour faciliter le lavage (et le rinçage si l'on ne souhaite pas garder les sels sur la peau). Les baigneurs  apportent généralement une petite serviette pour se laver et qui peut également servir de cache-sexe quand ils sortent du bassin. En principe, il est interdit de garder cette serviette dans les bassins, les baigneurs laissent alors leur serviette au bord du bassin ou les mettent sur leur tête. De même, les cheveux ne doivent pas tremper dans l'eau du bain même s'ils ont été shampouinés juste  avant.

Une expérience à laquelle plusieurs personnes du groupe se sont livrées, sans déplaisir... Certains clients des bains viennent de l'extérieur, juste pour le bain, et acquittent une redevance à l'hôtel. En tant que clients du ryokan, nous avons à notre disposition serviettes, savon, shampoing et yukata (kimono léger). Tout comme pour le kimono, il y a une manière de le refermer qu'il faut impérativement respecter: il faut rabattre le pan gauche sur  le pan droit, tout en maintenant ce dernier bien à plat. En effet,  il faut savoir que les morts sont habillés en croisant les pans dans le sens inverse. En outre, cette façon de faire permettait de cacher une arme (tanto) du côté gauche et donc de s'en saisir facilement de la droite.

Pour rester dans la couleur locale, Nao a proposé que nous restions en yukata pendant le dîner, ce que nous ferons presque tous. Autre point positif mais pas très traditionnel, le repas autour d'une fausse table basse, ce qui grâce à la fosse sous la table nous évite l'inconfort d'être assis en tailleur. Positif aussi, un bon menu: crudités avec champignon shiitake et maïs, omelette (tamagoyaki) sucrée-salée et roulée, tranches de filet de canard crues, fondue shabu shabu avec légumes et 5 fines tranches de boeuf de Kobe(peu persillées toutefois) et un tranche de pastèque en dessert.
 

LES FONDUES JAPONAISE SUKIYAKI ET SHABU SHABU

Shabu shabu et sukiyaki" sont toutes les deux des fondues où l'on plonge des morceaux de boeuf et des légumes dans un bouillon chaud. La plus grosse différence, c'est que le bouillon du sukiyaki est à base de sauce de soja sucré (très reconnaissable au goût) et souvent on trempe ensuite  les morceaux dans de l'oeuf cru.
Le shabu-shabu serait une variante de la fondue sukiyaki, un plat traditionnel japonais pendant l'ère Meiji et proposé en 1862 dans  restaurant de Yokohama. Le shabu-shabu serait d'origine mongole. Cette recette de fondue pékinoise de l’époque de la dynastie Yuan s'appelait shuan yangrou ("viande de mouton trempée dans l'eau bouillante"), utilisant des tranches fines de mouton. En 1952, un restaurant d’Osaka, le Suehiro, importa ce plat en l'adaptant au goût japonais. Le mouton n’étant pas très courant au Japon, il a donc été remplacé par le bœuf. Le nom de cette fondue proviendrait de l’onomatopée japonaise correspondant au bruit de la viande plongée dans le bouillon chaud... et l'humour français ose un assez nul "Ça boue! Ça boue!"
 

LA VIANDE DE BOEUF WAGYU (de Kobe ou de Hida)

La race des bovins japonais a été préservée sous l'influence du bouddhisme qui interdit la consommation de viande bovine. Destiné au travail agricole, cet animal fut protégé ainsi d'éventuels croisements avec d'autres races et l'exportation en est interdite. La race Japanese Black, à robe noire, cette ancienne race de trait, représente 90% du bœuf japonais.
Chaque veau japonais est nourri au lait de sa mère et à l’herbe pendant 6 à 8 mois. Il est ensuite sevré puis castré à l’âge de 10 mois lorsque c'est un mâle. Ainsi, passé leur première année, les animaux ne pâturent plus. Moins ils bougent, moins ils sont stressés, mieux c’est pour avoir une viande bien grasse.  Les éleveurs japonais nourrissent alors les animaux avec de la paille de riz, des céréales et, en complément de la bière de riz, autrement dit de saké, ou des résidus de bière et ils n'oublient pas de les masser ! L’alcool aiderait à mieux répartir la graisse. Ils sont abattus entre 28 et 32 mois.
Mais il semble que la tradition ne soit pas toujours respectée car certains élevages les nourrissent avec du soja américain. La production reste faible, environ 10 000 têtes de "pure race" par an. En 2013, sur 350 000 tonnes produites au Japon, seules 900 avaient été vendues à l’étranger, dont 90% en Asie de l’Est. C'est une viande chère, le prix au kilo varie entre 28 000 et 72 000 yens au Japon (comptez 10 000 yens soit 70€  pour un steak de 100g) ou environ 300€ (de 200 jusqu'à 1000€) le kilo arrivée en France. Un met plus cher que le foie gras.


Après cela une bonne nuit sur un futon épais posé à même les tatamis...
Le futon est la literie japonaise traditionnelle. Il comprend un shikibuton (matelas inférieur) rembourré et kakebuton (une courtepointe), genre couette ou couvre-lit piqué, assez souples pour être pliés, roulés  et rangés pendant la journée, ce qui permet d'utiliser la pièce à d'autres fins dans la journée.

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Dimanche 27 septembre

KAMAKURA: temple Kencho-ji   et sanctuaire Tsurugaoka Hachiman-gū

 

Avant de quitter Kawaguchi-ko, nous profitons des premières couleurs d'automne avec un petit tour sur les berges du lac voisin où l'on voit pas mal de poissons morts que les corbeaux viennent dévorer. Etrange...
Départ à 8H30, sous un ciel encore bien chargé. Une bonne centaine de kilomètres nous sépare de Kamakura où nous irons visiter quelques sites dans la matinée.

Mêmes paysages que la veille sur un itinéraire passant par Tsuru, Otsuki, Uenohara... Dans le secteur d'Otsuki, nous croisons une portion de la voie ferrée d'essai du nouveau shinkansen Series L0 de la compagnie Central Japan Railways. Cela se situe sur le tronçon de 43 kilomètres utilisé pour les tests et sur lequel la vitesse record de 603kmh a été atteinte en avril 2015. Ce train est à sustentation électromagnétique, une technique déjà utilisée en Chine, entre Shanghai et l’aéroport de Pudong (conçu par la firme allemande  Siemens et inauguré en 2003).


La sustentation magnétique ou Maglev (pour Magnetic Levitation) est une technologie de propulsion sans frottement: le train est soulevé à 10 cm du sol par des couples d’aimants qui se repoussent. Le déplacement des rames est plus silencieux qu’avec des roues posées sur des rails. Mais avec ses voies en béton équipées d’électroaimants, le Shinkansen à sustentation magnétique impose de créer une infrastructure nouvelle pour doubler l’actuelle, d'où des coûts d’investissement pharamineux. La ligne, appelée Linear chuo Shinkansen,  devrait entrer en exploitation en 2027 entre Tokyo et Nagoya, couvrant la distance de 286 kilomètres en 40 minutes et elle serait par la suite prolongée de 153 kilomètres jusqu'à Osaka.

Notre itinéraire s'oriente ensuite vers le sud, passant par Aikawa, Atsuki... et, à 10H15, nous arrivons à Kamakura.

La ville de Kamakura est située au bord de l'Océan Pacifique dans la préfecture de Kanagawa, à environ 70 min de train de Tokyo et un peu moins de Yokohama. La ville compte environ 170 000 habitants. Aujourd'hui, Kamakura est une ville balnéaire, et surtout touristique. L'été, mais aussi pendant les beaux jours d'hiver, sa longue plage est fréquentée par les surfeurs et les baigneurs. Apprécié des fans de trains, les densha-otaku, un train ancien sur une seule voie traverse la ville.

Nous commençons par la visite du temple Kencho-ji, bel exemple de temple bouddhiste zen. C'est le premier des gozan (les cinq grands temples) de Kamakura. Ce temple bouddhiste zen fut fondé en 1249 (ou 1253) par le moine chinois Daigaku Zenji, de l'école Rinzai. C'était un vaste ensemble de 56 bâtiments dont seulement 10 subsistent.
Nous franchissons le somon, la porte extérieure, puis nous arrivons sous l'imposant sanmon, la porte principale qui date de 1754 et est surnommée Tanuki-mon dont on peut admirer la magnifique charpente à l'état brut puisque non peinte.

 

A droite, tout près de la porte, se dresse le Bonshō couvert de chaume verdi, le temple de la cloche qui date de 1255, une pièce de bronze de 2,7 tonnes. Sur la droite se dressent les deux bâtiments du Hōjō, anciens quartiers d'habitation de l'abbé. Au fond, se trouve le Butsuden, la salle du Bouddha. Une originalité, c'est qu'en avant du Bouddha en bois, on a placé une statue squelettique du bosatsu Jizo, sauveur de l'âme des morts. Derrière la Butsuden se dresse le Hatto construit en 1814, le plus grand bâtiment de temple en bois dans l'est du Japon. Il abrite une statue en bois de Senju-Kannon (1000 bras et 1000 yeux), debout, et le plafond est orné d'un dragon (unryu-zu), une peinture de 12x18 mètres, récemment (2003) par Koizumi Junsaku. Lors de notre visite, une cérémonie religieuse se déroule dans ce pavillon.
Le grand jardin zen derrière le Hōjō est appelé Shin-ji Ike  car il a la forme du caractère chinois pour "esprit". Il a été conçu jadis par le célèbre maître zen, érudit, poète et architecte de jardin Musō Soseki (1275-1351).
En revenant sur nos pas, on s'arrête devant un ibuki, un énorme (6,50 mètres de circonférence) et très vieux cyprès de plus de 760 ans puisqu'il a été apporté de Chine lors de la fondation du temple.
A la sortie, au niveau de la boutique on peut admirer les calligraphies-souvenirs. On y vend aussi de curieuses petites statuettes rouges, en papier mâché, appelées daruma. Ce sont des figurines à voeux, creuses, de forme arrondie, sans bras ni jambes. Elles représentent Bodhidharma, un moine bouddhiste  tamoul du sud de l'Inde,  fondateur légendaire  en Chine de l'école Chan au Ve siècle, et par delà du zen au Japon. La légende dit qu'il a tellement médité en position du lotus que ses membres se sont atrophiés jusqu'à disparaître, d'où la forme des figurines. Le plus souvent elles sont rouges avec le visage  moustachu et barbu et les yeux sont blancs, sans iris. On utilise de l'encre noire pour dessiner la pupille circulaire du premier œil en se formulant mentalement le vœu. Jusqu'à ce que le vœu se réalise, on entrepose le daruma. Si le souhait se réalise, on dessine alors la seconde pupille, et on écrit la façon dont le vœu a été réalisé.

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Petit saut en bus pour la seconde visite.

Cette fois, il s'agit d'un sanctuaire. Le Tsurugaoka Hachiman-gū date de 1063. Ce temple est très fréquenté lors des grandes fêtes du Japon.
Initialement construit au bord de l'eau, il a été déplacé à son emplacement actuel en 1191, au nord de la rue principale de Kamakura. Dédié à Hachiman,  Dieu de la Guerre déification de l'Empereur Ojin, il était destiné à protéger les clans Minamoto et Genji.  On raconte que plusieurs centaines de guerriers du clan se sont suicidés dans ce temple à la suite d'une défaite sévère lors des guerres contre le clan Taira, qui allait aboutir à l'instauration du shogunat.
Au pied  de l'escalier qui mène au temple, sur la gauche, se trouve un la souche d'un Ginkgo biloba de très large section, célèbre parce qu'il aurait servi de cachette à Kugyo Minamoto lors de l'assassinat de son oncle, le troisième Shogun Sanetomo Minamoto le 13 février 1219. Mais l'arbre millénaire a été foudroyé le 10 mars 2010.
Tout comme la ville, le sanctuaire a été construit selon les principes chinois du  Feng Shui, dans un site propice après avoir consulté un devin, avec une montagne au nord (Hokuzan), une rivière à l'est (Namerikawa), une grande route à l'ouest (koto Kaidō) et l'ouverture au sud (sur la baie de Sagami).


Nous allons en faire la visite en sens inverse puisque, au lieu d'arriver de la ville (et du port) par l'avenue située en contrebas, nous commençons par les édifices d'architecture bouddhiste situés au nord, au bas de la montagne. D'abord de Wakamiya à quelques centaines de mètres duquel, sur la droite se trouve le Shirahata Jinja. Puis c'est le sanctuaire principal  Hongu (construit en 1828) à la gauche duquel se trouve le Maruyama Inari  avec ses nombreux torii.  On peut voir une prêtresse qui va frapper le tambour. 
Un palanquin divin appelé mikoshi (châsse portative du culte shinto) est abrité sous un pavillon d'où on le sort en procession  pendant les fêtes religieuses lors des grands festivals. Les prêtres qui portent des masques et des gants pour ne pas souiller le kami y placent la relique du sanctuaire, incarnation physique du kami. Des incantations sacrées  appellent le kami à s'incarner dans le mikoshi qui est scellé et  ensuite transporté par les (hommes ou femmes) à travers tout le quartier pour attirer la bénédiction du dieu.

Au bas d'un grand escalier de pierre est érigé un pavillon ouvert appelé Maiden où se déroulent les mariages, les danses et la musique. Justement un mariage shinto s'y déroule. Le couple doit avoir été marié légalement avant la cérémonie. La mariée maquillée  est vêtue d'un kimono blanc  symbolisant la virginité et l'obéissance à son mari, et coiffée d'un grand chapeau.
La cérémonie (shinzen shiki) est dirigée par un prêtre shinto (kannushi), assisté par les miko. Elle se déroule en une douzaine d'étapes. Nous arrivons vers la fin, au moment des offrandes semble-t-il. Dommage que nous ayons manqué le très typique service du saké sacré (miki) lorsque les deux époux échangent les coupes nuptiales (sakazuki).
Les mariés quittent bientôt le pavillon, suivis du cortège des invités et des badauds dont nous sommes, alors que les trois musiciens ainsi que le prêtre et ses assistants se retirent. Le cortège emprunte la partie nord de l'avenue Wakamiya-oji (qui se prolonge sur 1,8 kilomètre jusqu'à la mer). Bientôt se présentent trois ponts dont un pont central arqué qui était réservé au shogun, ponts qui enjambent le canal joignant les deux étangs situés de part et d'autre. Pour la photo souvenir, les mariés et leurs proches (jusqu'à l'arrière-grand-père semble-t-il) se regroupent de l'autre côté du pont arqué, juste avant le grand torii. Le couple est installé sur un pousse-pousse (jinrikisha, littéralement "véhicule à force humaine"), le mari peu souriant tenant une ombrelle, tandis que le tireur est agenouillé entre les brancards de l'engin. Nous ne sommes pas les seuls a mitrailler... Après cela, le pousse-pousse emportant les mariés et suivi du cortège s'en va sur quelque lieu de ripailles...

Vers midi et demi, nous les quittons pour aller plus modestement déjeuner au restaurant Tapas Tapas avec un menu bien peu typique comme le nom le laisse prévoir: salade, spaghettis accompagnant 3 crevettes et une boule de glace pour terminer.

Une heure plus tard nous allons quitter la ville sans avoir vu le Hase-dera et le Grand Bouddha Amida de bronze resté à l'air libre (les constructions de jadis ont disparu suite aux séismes, tsunamis et incendies) qui est le point d'intérêt de la ville mais pas aux yeux de notre TO qui ne la pas mis au programme. Par contre nous pouvons voir un magnifique carrefour avec des passages pour piétons en diagonale comme ceux plus célèbres de Tokyo...
En quittant la ville, la route longe la grande plage où l'on aperçoit de nombreux surfeurs.

TOKYO:  Akihabara, Asakusa,Shinjuku, Harajuku

Le ciel se dégage et désormais nous sommes dans l'agglomération de Tokyo une suite de grandes agglomérations et zones industrielles et portuaires laides avec des milliers de voitures attendant d'être embarquées: Yokohama (3,7 millions d'habitants), Kawasaki (1,5 million d'habitants), et les premiers arrondissement de Tokyo, l'aéroport international d'Aneda, Minaoto, la Tour de Tokyo (métallique, de 335 mètres) ... L'autoroute se prolonge à travers la ville en direction du quartier de Ginza, de la gare centrale puis le quartier de Akihabara.

Les 23 arrondissements (ku) du centre de Tokyo comptent près de 9 millions d'habitants. Plus large, la zone métropolitaine de Tokyo regroupe 13,5 millions d'habitants et, en dehors de l’ancienne ville de Tokyo, elle est subdivisée en 26 villes. Elle constitue en outre un des pôles de la mégalopole japonaise, avec notamment Yokohama, Ōsaka et Nagoya.  La mégalopole  regroupe 105 millions d'habitants, c'est-à-dire 82% de la population du Japon.

«Véritable ville de contrastes, et en perpétuel mouvement, Tokyo happe le visiteur dès son arrivée dans un tourbillon de sensations, d’odeurs, de bruits inconnus et fascinants. Parfum de luxe à Ginza, air du grand large à Tsukiji, vertige des sommets à Shinjuku, odeurs d’encens et de soja grillés à Asakusa, Tokyo semble recéler dix, vingt villes différentes, disparates, trépidantes et éclectiques. Métropole du futur, et parfait contrepoint à la capitale culturelle du pays qu'est Kyoto, Tokyo dégage un pouvoir de séduction et de fascination irrésistible.»

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Il est 15H et on est le dimanche, jour idéal pour visiter Akihabara, le quartier de l’électronique de Tokyo rendu piétonnier le week-end.



Ici cohabitent les boutiques spécialisées dans le domaine du manga, aux couleurs pétillantes et flashy et les jeunes lolitas  habillées en personnages de manga, la plupart  essayant d'attirer les clients vers les commerces voisins sur l'avenue Sotokanda ou les rues voisines… On trouve  cafés, restaurants, salles de jeux  et  même des quincailleries. Nous entrons dans un centre commercial pour profiter des toilettes et en profitons pour visiter un magasin sur 3 ou 4 étages, genre supermarché où l'on trouve de tout: chocolats (rochers "Ferrero"), vins et denrées alimentaires, petit électroménagers (autocuiseurs pour le riz), lampes et ampoules...

 

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A 16H, après une heure de déambulation, nous reprenons notre bus en direction du quartier d'Ueno (plan) où nous allons loger, au nord des quartiers centraux. Comme il est tôt, 16H30, Nao propose une balade dans le quartier.

Partis à pied, nous empruntons la passerelle au-dessus de la  gare d'Uguisudani pour nous rendre au Parc d'Ueno et de cet endroit apercevons la grande tour qui signale le quartier voisin d'Asakusa. Le parc est également connu pour ses nombreux cerisiers (sakura) sous lesquels les Tokyoïtes se réunissent chaque année durant la floraison pour manger, boire, discuter, chanter et parler lors de la période traditionnelle du hanami ("contemplation des fleurs"). Cette coutume traditionnelle japonaise d'apprécier la beauté des fleurs, principalement les fleurs de cerisier, s'exprime pendant une quinzaine de jours, fin mars ou début avril, lorsque les arbres sont en pleine floraison, évènement annonciateur de la saison de plantation du riz. La pratique du hanami est vieille de plusieurs siècles. La coutume aurait commencé durant la période Nara (710-784), à l'époque où la dynastie chinoise Tang a fortement influencé le Japon, mais elle s'est popularisée au cours de la période suivante, Heian (794-1185). Ces fleurs étaient vues comme une métaphore de la vie elle-même, lumineuse et belle, mais passagère et éphémère, philosophie bien bouddhiste de " l'impermanence des choses". Désormais, pour les Japonais c'est l'occasion de pique-niquer en famille ou entre amis sous ces arbres.

Le parc abrite également de nombreux sans domicile fixe. Avec 63 hectares, c'est le plus grand parc de Tokyo et aussi l'un des plus anciens du Japon.
Nous y entrons par l'accès voisin du Musée national de la Nature et des Sciences de Tokyo et du Musée national de l'art occidental. En cette fin de journée dominicale, de nombreux tokyoïtes se prélassent autour des bassins. Il y a encore beaucoup de monde ici en cette belle soirée dominicale.



Après un petit tour dans le parc nous arrivons à la gare d'Ueno. Une gare importante doublée d'un centre commercial avec boutiques d'électroménager (autocuiseurs à riz), pâtisseries (gâteaux présentés dans des coquilles d'oeufs ou avec une jolie tête d'animal, genre tanuki, ou plutôt de panda), restaurants, magasins d'alimentation vendant même des fromages français (camembert), du vin, des confiseries et biscuits ("La Mère Poulard"), des marchands de journaux et mangas (y compris pornos). Exceptionnellement on y verra même un couple de jeunes enlacés, ce qui est mal vu au Japon.
Pour revenir à la station d'Uguisudani, proche de l'hôtel, Nao nous initie aux transports en commençant par l'achat de billets sur un automate (140¥ pour une heure d'utilisation ce qui devrait permettre de faire le tout de la ville avec la ligne circulaire). Dans ces lieux confinés et densément parcourus, on ne peut  s'empêcher de penser à un triste anniversaire.  Il ya 20 ans avait eu lieu l'’attentat au gaz sarin  perpétré par des membres de la secte Aum Shinrikyō, le 20 mars 1995, sur les lignes Chiyoda, Marunouchi et Hibiya du métro de Tōkyō et visant les quartiers centraux et les instances gouvernementales (bilan final fait état de douze morts et plus de 5500 blessés). Cette secte bouddhiste apparue au Japon en 1984  prônait la violence apocalyptique à laquelle survivraient ses seuls membres.

Pour dîner nous nous rendons au restaurant Uotami, à 5 minutes de l'hôtel et sur la même rue (Negishi). Un repas très copieux (trop pour un soir) nous est servi: mini entrées  amuse-bouches de crudités à base de  carottes, champignons noirs, kombu (algues), daikon" (radis). Pour la suite: crevettes, gambas, sashimis de tako (poulpes), de crevettes de  thon et de saumon, salade de daikon émincé et gambas, puis coquilles St-Jacques, fondue jingisukan nabe ("Genghis Khan nabe") de légumes et  fines tranches d'agneau, boules de glaces au thé macha accompagnée d'un gâteau mochi à base de pâte de riz gluant mêlée de thé macha et d'une boulette anko de pâte de haricots rouges azuki sucrés.

Tokyo compte 160 000 restaurants. C'est une ville qui compte plus de "restaurants étoilés" par le guide Michelin que Paris....

Après cela et avant de pouvoir dormir, une pause s'impose ou plutôt une balade pédestre d'une bonne heure sur l'avenue Kototoi-dori, dans ce quartier peu animé. Nous sommes de retour au Candeo Hotel Ueno Park 3*  vers 22H et l'atmosphère est encore chaude et moite.
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Lundi 28 septembre

Départ en bus à 9H pour un tour panoramique au centre de Tokyo (plan).
Nous traversons le quartier d'Akihabara visité la veille, puis c'est le quartier des libraires et bouquinistes de Jimbocho. Plus loin, voici le secteur de Chiyoda (plan) près de la gare centrale  et du Palais impérial avec ses douves et son enceinte, notamment le pont Nijubashi menant à l'entrée est. Nous contournons le palais pour passer au sud, devant le parc Hibiya et la Diète (le parlement), un curieux édifice mélangeant plusieurs projets architecturaux ayant mené à sa construction entre 1920 et  1936.

Pour revenir vers le nord-est, nous effleurons le secteur de Minato ku et Nishishinbashi. Nous retrouvons Ginza et Akihabara. Puis nous passons sur la berge orientale  de la rivière Sumida jusqu'au
quartier d'Asakusa (plan)  que nous gagnons, laissant derrière nous la haute silhouette de la tour Tokyo Skytree.
Asakusa est un quartier populaire de Tōkyō. Un peu excentré par rapport au reste de la ville, Asakusa (comme Ueno, son voisin) n'en demeure pas moins un quartier très prisé des touristes: on y trouve de nombreux hôtels, dont la plupart sont moins chers qu'ailleurs en ville, et les restaurants et petites échoppes artisanales sont nombreux. Resté très traditionnel malgré le tourisme, le quartier conserve son patrimoine culturel sans trop le dénaturer.
Le quartier d’Asakusa  fût longtemps considéré comme le centre et le cœur de l’ancienne Shitamachi (ville basse). Pendant l’époque d’Edo (de 1603 à 1867), Asakusa se situait encore en périphérie de la ville, le lieu comportait des scènes de kabuki (le théâtre japonais traditionnel) et abritait un vaste quartier chaud. Bref, un quartier typique et traditionnel regroupant avant tout des maisons basses, des rues étroites ainsi que de nombreuses vieilles boutiques traditionnelles. Mais à la fin de la seconde Guerre mondiale, le centre névralgique de Tokyo s’est déplacé à l’Ouest et vers le sud de la ville. De plus, le quartier en grande partie détruit par les raids aériens de la Seconde Guerre mondiale a dû se relever. Le secteur autour du temple Senso-ji reconstruit a retrouvé sa popularité après la guerre.

Nous allons visiter le temple Senso-ji, site incontournable de ce quartier. Le premier temple a été fondé en 645. Lors du shogunat Tokugawa en 1649, Tokugawa Ieyasu en a fait le temple tutélaire du clan. Pendant la Seconde Guerre mondiale, le temple a été bombardé et détruit. Ce que l'on voit aujourd'hui résulte de reconstructions.

 

Nous l'abordons par la Kaminarimon ("la Porte du Tonnerre"), reconstruite en 1960 pour remplacer la porte d'origine de 1865 détruite par un incendie. Avant de la franchir, petit coup d'oeil vers la Tour de radiodiffusion Tokyo Skytree, distance en ligne droite d'environ un kilomètre, dans le quartier Sumida. Second structure du monde par sa hauteur avec ses 634 mètres (après le Burj Dubaï de Dubaï, avec 828 mètres), depuis 2012, c'est comme un phare qui écrase un peu le secteur aux constructions peu élevées.
Après être passé près des niches des 4 gardiens de la Kaminarimon et sous son énorme lampion, nous voici plongés dans l'allée marchande de la Nakamise-dori, longue de 300 mètres, conduisant au temple. Après ce parcours du combattant, nous arrivons à la Hōzōmon ("Porte de la Salle au Trésor") reconstruite en béton en 1964. Sur sa gauche, se dresse la pagode à 5 toits (symboles des 5 éléments) construite en 1973 sur le modèle de l'édifice d'origine. Au-delà de la porte et après le Joukoro (encensoir ou brûle-parfum "guérisseur"), nous arrivons au Hondō, le temple principal devant lequel la foule des fidèles se presse à l'extérieur tandis qu'une cérémonie se déroule à l'intérieur.
Il est non pas dédié au Bouddha mais à la bodhisattva Kannon. Vers l'an 600, deux pêcheurs auraient ramené sa statue dans leurs filets. C'est le bodhisattva le plus vénéré et le plus populaire pares bouddhistes du Grand Véhicule (Mahayana). Avalokiteshvara en hindi, son nom d'origine, devenu Guānyīn en Chine tout en se féminisant, c'est Kannon au Japon. Sur un tableau sont suspendues de petites tablettes en bois appelées ema portant des inscriptions en japonais, des sortes de prières pour obtenir l’accomplissement d’un voeu. Elles seront offertes lors de la cérémonie quotidienne (mikesai) puis brûlées

Nous parons sur la gauche, vers l'ouest, en passant près de monuments de bronze placés à l'extérieur près de la salle Awashima: superbe Bouddha et Pagode Hokyoin-to (1761).
Nous revenons dans des allées couvertes et rues piétonnes bordées de commerces et restaurants du secteur de la Nakamise-dori et des petites rues qui vont vers la rivière.


Déjeuner libre. Dans ce quartier très fréquenté, il est indiqué de se pointer avant midi.
Vers 11H30, dans une petite rue un peu à l'écart, nous jetons notre dévolu sur un vieux et vénérable restaurant orné du drapeau thaïlandais, le Tatsumi-ya. De petites dimensions et authentique, nous y apprécions la délicieuse mais coûteuse Unagi no kabayaki, l'anguille grillée et couverte d'une sauce sucrée-salée (2 pièces avec riz pour 2900¥) et de plus économes, une bonne friture de petits poissons. Effectivement, le restaurant va très vite se remplir vers midi.

A 12h30, nous rejoignons le point de rendez-vous dans la galerie marchande. A pied, le groupe rejoint le bus garé près du centre commercial Ekimise, non loin de la Sumida. Sur l'autre rive, nous voyons l'original siège de la brasserie des bières Asahi, une perspective sur la tour Skytree. Le bus se dirige vers Chuo, à l'est,   en empruntant l'autoroute circulaire intérieure construite au-dessus d'un bras de la Sumida. Bientôt  nous passons devant le siège de la Banque du Japon, puis poursuivons vers les quartiers ouest, en passant au sud du palais impérial. 
Le réseau de voies de circulation parfois sur 3 ou 4 niveaux nous fait penser à Shanghai. Lorsque nous sommes sur la voie la plus haute, nous nous trouvons au niveau des 5e ou 6e étage des immeubles voisins et l'on a de fugaces perspectives sur les avenues perpendiculaires...
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Vers 13H15, on nous dépose près du siège du Gouvernement métropolitain situé dans le
quartier Shinjuku-ouest (plan). L'édifice se présente sous l'aspect de deux tours jumelées de 48 niveaux (243 mètres) et d'une place semi-circulaire d'où nous apercevons les tours voisines: Sumitomo Building, Mitsui Building, Keio Plaza Hotel et NS Building. Mais le but de notre présence ici, c'est d'accéder au 45e étage, à 202 mètres, d'où par temps clair on peut apercevoir la baie et surtout le Fuji, à près de 100 kilomètres... Il fait beau  mais brumeux (et à cette heure-ci, nous sommes à contrejour), donc on se contentera de vues sur la ville... En arrière des immeubles déjà cités, on aperçoit le sommet de l'originale Mode Gakuen Cocoon Tower, en forme de cocon puisque destiné à l'Ecole de Mode Gakuen.

 
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Il est un peu plus de 14H lorsque nous reprenons le bus pour nous rendre non loin, plus au sud,  de là dans le
quartier de Harajuku (plan) où se trouvent (surtout le dimanche) les "cosplays", des jeunes déguisés en personnages de mangas.
 

Une vingtaine de minutes plus tard, nous partons à pied du haut de la rue piétonne Takeshita-dori. C'est une rue très animée, remplie de boutiques de vêtements souvent bizarres, de cafés et de restaurants. Cette rue est très prisée des adolescents japonais et des "Gothic Lolitas", avec une mode vestimentaire globalement axée sur des robes et jupes bouffantes, agrémentées de dentelles.
 

 

200 mètres plus loin par l'avenue Omote-sando, c'est le complexe commercial de "Omotesando Hills". Nnous arrivons sur l'avenue Jingumae avec ses boutiques de jouets (Kiddy Land), de souvenirs (Oriental Bazaar), de mode et parfums de luxe (Chanel, Dior, Hugo Boss...), hôtels (Altea Plaza) et divers gratte-ciel. Plus loin, un bureau de la Softbank (ce n'est pas le nom d'une banque mais celui d'une holding interveant dans le soft: téléphonie mobile, accès internet, divertissement, intelligence artificielle...) permet de voir notre vaillant petit robot Pepper en action comme agent d'accueil. Car c'est une production française (mais oui!) de la société Aldebaran, leader mondial de la robotique humanoïde. Pepper créé en 2014 est le jeune frère de Nao (pas notre guide, voyons!) dont diverses versions sont sorties entre 2006 et 2011. Curieux et même plus, impressionnant de voir cette machine dialoguer avec les humains; première machine capable d'identifier les principales émotions.


Vers 16H30 nous quittons le quartier non sans passer au grand carrefour Hachiko ou Shibuya Crossing,  près de la gare de Shibuya (plan) , célèbre pour son  passage piétons en diagonale où l'on ne pourra pas s'arrêter pour voir de près l'également célèbre statue de bronze du chien Hachikō ("Huitième Prince") qui pendant  dix ans, de 1925 à 1935,  a attendu quotidiennement chaque soir, le professeur d'agronomie Hidesaburō Ueno, son maître décédé. Un "fait divers" qui a inspiré les films "Hachiko monogatari" sorti en 1987 réalisé par Seijirō Kōyama et "Hatchi" , remake américain de 2009, réalisé par Lasse Hallström. Un film plus récent a aussi pour cadre ce fameux carrefour de Shibuya, il s'agit du film d'animation "Bakemono no ko" (qui signifie littéralement "Enfants de monstre" mais titré dans sa version française "Le garçon et la bête") sorti en juillet au Japon 2015 et en janvier 2016 en France.

A partir de la gare, nous prenons la voie expresse d'où l'on aperçoit bien la Tour de Tokyo dans le quartier de Roppongi. Puis nous nous dirigeons vers le centre: quartier  de Ginza et de la gare centrale. Puis c'est Ueno vers 18H...
 

Dîner d'adieu au restaurant Nam Nem, tout proche de l'hôtel. Comme il se doit, on se déchausse dans  le vestibule (genkan) et avec notre culture bien occidentale on croit bien faire en disposant nous-mêmes nos chaussures dirigées vers la sortie afin d'éviter au personnel d'avoir à effectuer ce geste fastidieux et peu gratifiant, sans réaliser que l'on nuit à l'activité des personnes qui en sont traditionnellement chargées... 
Menu copieux: sashimi de thon, de tai (dorade, le poisson blanc) et de sazae (une sorte de gros bulot), grillades tonpeiyaki , une sorte de okonomiyaki (mot qui signifie "tout ce que vous voulez") simplifié, légumes frits, morceaux de rôti de boeuf (non persillé), fondue nabe de poisson avec légumes,  tofu frit (zhá dòufu) et poisson sanma appelé aussi  balaou du Japon (Cololabis saira)...


Un dernier petit tour dans le quartier en prenant cette fois l'avenue Kototoi-dori en sens inverse, vers le nord. Non seulement elle perd ses deux chaussées mais se rétrécit à une chaussée avant de passer sous la ligne de chemin de fer et de présenter un environnement glauque. Sans le vouloir, nous plongeons dans un important quartier de Love Hotels dont voici quelques noms : Charme, Sun Palace, Stela, Khani, Ya ya ya, Style, Le Ciel, Voque... A l'entrée, les affiches et panneaux donnant les tarifs compètent le tableau, variant selon les établissements, selon les jours et selon  la durée du passage: par exemple de 5300 ¥ à 6900 ¥ pour 2 heures entre 11H et 17H. Certains ne sont pas que des rendez-vous d'amoureux mais sont des hôtels de passe comme tout le laisse à penser lorsque l'on voit un homme en grosse berline venir déposer une femme de mauvais genre...
Dernière nuit au Japon pour une partie du groupe.

Mardi 29 septembre

Après un dernier petit-déjeuner en commun nos chemins se séparent puisque la moitié du groupe va reprendre l'avion dans la matinée tandis que deux collègues vont tout comme nous prolonger leur séjour de 5 jours avec des amis tandis que nous, nous aurons la chance de poursuivre ce voyage pendant encore 8 jours.

 


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