VARANASI (Bénarès)
et SARNATH


Le GANGE sacré,
un sacré égout
 

La longueur du Gange varie suivant les sources de 2 500 à 3 090 km, son bassin couvre entre 907 000 et 2 1365 000 km² (!). Son large delta est commun avec celui du Brahmapoutre au niveau du Golfe du Bengale. Il s'y dédouble en formant la Hooghly qui traverse Calcutta et la Padma, une autre branche majeure qui coule au Bangladesh avant de se joindre au Brahmapoutre pour former la Meghna.


Un fleuve sacré...

Le Gange est la plus sainte des sept rivières sacrées de l'Inde dont fait d'ailleurs partie son principal affluent, la Yamuna. Le fleuve sacré est considéré par les Hindous un peu comme une mère céleste "Maa Ganga". D'où le genre féminin utilisé ici pour désigner le fleuve "la Gange".
Depuis toujours, pour les Hindous, l'eau du Gange possède la vertu de purifier le corps des humains et de libérer l'âme des défunts. Quand un pèlerin se baigne dans le Gange, c'est dans une démarche de recherche de l'union avec l'ultime vérité.

Selon la mythologie religieuse hindoue, telle qu'elle est narrée dans le Mahābhārata et le Rāmāyana, le roi Bhagiratha fut exaucé par la déesse Akash Ganga de son voeu demandant la prospérité pour la terre. Il fut exaucé mais la déesse trop généreuse croyant que les flots du Gange submergeraient la terre, les mit dans la chevelure du dieu Shiva qui libéra le fleuve de ses cheveux, fleuve qui descend  de l'Himalaya afin de purifier les êtres de leurs péchés.

Mais en Asie du  sud-est, même en pays bouddhistes,  d'autres fleuves sont vénérés comme la "déesse Ganga", c'est par exemple le cas des habitants du sud de  la Thaïlande avec le Chao Phraya. Encore plus loin, le nom khmer du Mékong signifie "Mère Gange"...
 

Dépollution problématique...

Si le Gange est considéré par les Hindous comme un fleuve sacré, il est aussi l'un des plus pollués de la planète. Sacrée et polluée, l'eau du Gange est un véritable paradoxe...
Bénarès en est le parfait révélateur.
Entre 1898 et 1917, fut construit le premier égout pour l’évacuation des eaux usées domestiques de Bénarès. Surnommé transewer, il traverse la ville  du sud vers le nord pour rejoindre la Varuna puis le Gange, en aval de la ville. Conçu pour une population de 200 000 habitants, il constitue aujourd’hui encore l’armature principale du réseau, alors  que la population de Varanasi atteint 1,2 million d’habitants. D'autres canaux à ciel ouvert, écoulant à la fois des eaux usées domestiques et pluviales aboutissent dans les rivières Varuna et Asi.
Au cours des dernières décennies, on a eu recours au pompage électrique, l’objectif étant de rediriger les eaux usées arrivant au Gange où ont lieu les usages religieux, jusqu’au transewer, lequel débouche sur le Gange en aval de la ville comme on l'a indiqué plus haut. Entre 1986 et 1993, il a fallu réhabiliter les cinq pompes électriques construites dans les années 1970 et procéder à la construction d’une nouvelle station de pompage.

"Face au 1,7 milliard de litres d'eaux usées déversés chaque jour dans la rivière sacrée, les capacités des usines de traitement s'avèrent insuffisantes. Malgré le milliard d'euros dépensé jusqu'ici par le gouvernement indien dans le cadre du Ganga Action Plan (GAP), le Gange continue de suffoquer." (cf. Libération, article du 31/01/2005 - "Le Gange, un dépotoir à fleuve ouvert").

Si l'on a eu la sagesse de passer à l'électricité le crématoire situé en amont de Bénarès, au Harishchandra Ghât, il n'en est pas de même de celui situé en aval, le Manikarnika Ghât, où sont jetés à l'eau divers résidus et restes humains incomplètement carbonisés. Sans compter les cadavres dispensés de crémation (femmes enceintes, enfants, malades de la variole ou lépreux, sâdhus, morts de morsure de cobra et vaches) et plus ou moins immergés dans le fleuve...

Un fleuve toujours pollué...

Paradoxe bien indien: on vient de purifier dans une eau polluée...

Les analyses montrent qu'au niveau de Bénarès, les taux de pollution  bactériologique et de pollution par les métaux lourds sont de 10 à 20 fois supérieurs aux normes admissibles.

Pourtant certains experts dont la compétence et la partialité peuvent être mises en doute, ont de bien curieuses opinions sur le sujet. Selon eux, l'eau du Gange serait incorruptible. L'un d'ex aurait constaté qu'elle a des caractéristiques particulières qui font qu'elle ne "pourrit"  pas  et qu'elle a même d'étonnantes propriétés de régénération et d'épuration naturelle et spontanée. Un ingénieur environnemental aurait observé que le Gange semble nettoyer les particules en suspension 15 à 20 fois plus rapidement que d'autres fleuves.

La réputation de fleuve pollué du Gange n'est plus à faire. Pourtant on peut être surpris de savoir que dans la partie aval du fleuve, subsiste une population de quelque 3000 dauphins du Gange ou sousouc ou bhulan (Platanista gangetica gangetica).  C'est une espèce en voie de disparition que l'on trouve aussi dans le Brahmapoutre. De l'autre côté de la péninsule indienne, une espèce cousine fréquente l'Indus.
Ces espèces d'eau douce sont différentes du dauphin de l'Irrawaddy présent aussi dans le Mékong, qui lui est un dauphin océanique.
 

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Dimanche 7 février

 Avec notre programme mal défini, nous nous retrouvons à nouveau avec une matinée oisive.

Nous avons rendez-vous dans le hall de l'hôtel à 12H15 où nous retrouvons Mahipal.  Il nous accompagne à l'ancien aéroport, tout proche de l'hôtel et il prend congé de nous.

 Nous aurons donc tout le temps de "déguster" les paniers-repas dont on nous a gratifiés puisque l'avion ne décollera qu'à 14H.
Cet aéroport qui va prochainement être remplacé par un nouvel équipement est vieillot bien qu'équiper des portiques de contrôles en double, une file pour les hommes et une file pour les femmes. Petit aéroport puisqu'il n'a qu'une porte d'embarquement. On ne risque pas de se tromper...

A l'heure prévue, le Boeing 737-800 de la compagnie Jet Airways assure le vol 9W2424 à destination de Bénarès où nous nous posons 40 minutes plus tard. Un cours vol qui nous fait repasser dans l'Etat d'Uttar Pradesh.  Doit-on être rassurés de voler avec cette compagnie? Récemment des pilotes ont laissé un groupe donner un mini concert pendant un vol. Cela peut-il faire rétrograder son  "classement sécurité" qui est actuellement plutôt correct, B sur une échelle allant de A à D?

Nous sommes attendus à l'aéroport Lal Bahadur Shastri par notre un chargé de transfert vers l'hôtel et par nouveau chauffeur conduisant à nouveau une Toyota Innova.. En trajet, nous sommes joints téléphoniquement par nouveau guide, Hanuman  pour convenir d'un rendez-vous en fin d'après-midi. Précisons que Hanuman est le nom d'un héros du Rāmāyana qui à l'apparence d'un singe. Dans cette épopée, il aide Râma à retrouver sa femme, Sita, enlevée par les démons....
L'aéroport se situe à 22 kilomètres de l'hôtel Meraden Grand *** (sur la rue Patel Nagar, non loin de l'avenue Raja Bazar), au nord-ouest. Donc nous y sommes rapidement. Le quartier n'est pas très animé mais suffisamment pour les chambres du côté rue, chambres mal isolées.
 L'hôtel se trouve entre la gare et  la rivière Varuna qui se jette dans le Gange 7 ou 8 kilomètre plus à l'est.  Non loin, dans le centre d'un carrefour est occupé par un avion de chasse (un Follant Gnat britannique du milieu des années 1950 que l'Inde a amélioré pour en faire le HAL Ajeet) placé là en mémoire  d'un pilote héroïque, tandis que près de là pointe la croix surmontant la flèche de la cathédrale catholique Sainte Marie construite en 1946.

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BÉNARÈS: cérémonie de l'Arti, le soir sur les ghâts


Le nom de Varanasi provient du fait que c'est là que 2 rivières, la Varuna au Nord et l'Assi au Sud, convergent vers le Gange. Les colons anglais avaient du mal à prononcer ce nom qu'ils ont déformé en  . Du coup, j'utilise indifféremment l'un ou l'autre nom selon l'humeur du moment. Cette ville est considérée comme l'une des villes les plus anciennement habitées du monde. Aujourd'hui, c'est la ville compte un peu plus de 1,2 million d'habitants.
Selon la tradition hindoue, c'est depuis cette ville que Shiva s'élança en direction du ciel sous la forme d'une colonne de lumière d'où l'autre nom de la ville, Kashi, "la ville de la lumière". Bien que la tradition la fasse remonter à 3000 ans avant notre ère, la ville de Bénarès a été probablement fondée au VIIe siècle avant J.-C., ce qui en fait l'une des villes les plus anciennement habitées du monde.
Dédiée principalement à Shiva, à ce titre, c'est l'une des 7 villes sacrées de l'hindouisme avec Haridwar (Uttaranchal), Ayodhya (Uttar Pradesh), Mathura (Uttar Pradesh), Dwarka (Goujerat), Kanchipuram (Tamil Nadu) et Ujjain (Madhya Pradesh). C'est un peu la Jérusalem des religions monothéistes, La Mecque des musulmans où le Lourdes des catholiques...
Depuis 1998, Bénarès est inscrite sur la liste indicative du Patrimoine mondial de l'UNESCO.

En dehors de la population locale permanente et des touristes, il y a deux types de pratiquants hindous qui se rendent à Bénarès. Les (encore) bien portants qui viennent en pèlerinage se purifier ("remettre leur karma à zéro" oserait-on dire) et les mourants que l'on ne voit pas car hébergés dans des mouroirs voisins des ghâts jusqu'à l'issue fatale mais on voit leur dépouille sur les bûchers au bord du fleuve.


Notre guide Hanuman et le chauffeur passent nous récupérer à 17H. Notre fin de journée va être "consacrée à la découverte de la grande cérémonie hindoue  qui a lieu chaque soir sur les ghâts du Gange (les marches qui descendent au fleuve), le Ganga Arti. Selon la manière plus ou moins fine de voir les choses, cette ville compte de 90 ghât à plus d'une centaine, qui s'étendent sur plus de 6 kilomètres.
En effet, le fleuve sacré est considéré par les Hindous un peu comme une mère céleste "Maa Ganga", issue de la chevelure (étrangement, certaines publications parlent de "la sueur des pied" !) de Shiva et descendue de l'Himalaya afin de purifier les êtres de leurs péchés. D'où le genre féminin utilisé ici pour désigner le fleuve "la Gange". Long de 2700 kilomètres, le Gange est un des 5 plus grands fleuves du monde grâce à son débit. Il traverse l'Inde du nord et s'écoule de l'Himalaya, au confins du Tibet, au delta du Bengale. Il est considéré par les Hindous comme le fleuve le plus sacré d'Inde et il joue, également, un rôle très important dans l'irrigation des terres.

Dix minutes de voiture en direction des ghâts distants de moins de 5 kilomètres mais pour aller jusqu'au bout il faut changer de moyen de locomotion en raison de la circulation la plus chaotique que nous ayons jamais vues (nous sommes un dimanche n'est-ce pas?). 
Le relais est pris par des vélos rickshaws (ou trishaw) plus ou moins brinquebalants pour une vingtaine de minutes. L'immersion dabs le chaos est plus saisissante et on se demande à tout instant comment on peut éviter d'être tamponner par les véhicules plus importants, donc de fait prioritaires, surtout qu'aucune règle ne semble s'appliquer sinon l'usage universel des klaxons pour tous les véhicules motorisés. Lorsque l'élan est cassé ou que la route monte, le conducteur est obligé de descendre et de tirer l'engin par le guidon. A deux passagers adultes c'est vrai que la charge doit être de l'ordre de 140-150 kilos. On a alors très mauvaise conscience, avec l'envie de descendre pour le soulager mais ce serait faire insulte car c'est son gagne-pain. Aucun famille indienne faisant appel à ce moyen de transport ne le ferait d'ailleurs. Au bout de l'avenue
Benia Bagh, nous passons près de l'imposante église Saint Thomas au crépis jaune pâle construite au XVIIe siècle dans le style néogothique géorgien. A ce carrefour, nous avons tourné sur la rue Godowlia qui conduit aux ghâts.


BENARES, trajet vers les ghâts


Peu après, les rickshaws ne peuvent plus continuer donc nouvelle façon de se déplacer pour parcourir le dernier tronçon, la marche à pied. Mais c'est aussi une aventure. Il faut tout d'abord savoir réussir à traverser un carrefour que coupe des véhicules motorisés (auto rickshaws et motos) sans se faire renverser. Pour cela Hanuman a une méthode infaillible qui consiste à faire une chaîne de ses touristes en les faisant se donner la main. On a presque l'impression de faire partir d'une couvée de canetons. Après ce passage délicat, le risque c'est de se perdre de vue dans un indescriptible grouillement de gens qui se pressent pratiquement (et heureusement) dans la même direction, surtout que le soir venant, il est plus de 17H30, la lumière baisse. L'avenue à deux chaussées est tout particulièrement encombrée côté gauche (circulation à l'anglaise oblige). A l'approche du fleuve, le long de la barrière séparative, on voit des gens assis, sans qu'on sache s'il faut les considérer comme des mendiants. Hanuman nous précise qu'il s'agit de pauvres venus en pèlerinage à Bénarès,  logés près de là dans un baraquement de tôles tordues qu'il nous désigne, et qui attendent que les pèlerins plus fortunés leur fasse une aumône, le plus souvent de nourriture.  En effet, le pèlerinage à Bénarès ne serait pas valide si tous les rituels ne sont pas accomplis: prière de l'Arti comme ce soir, bain rituel dans le Gange, prière au temple
 Kashi Vishwanath et faire l'aumône. La rue est bordée de boutiques de vêtements, saris et robes à la mode. Les trottoirs sont envahis de marchandises diverses et d'offrandes notamment des colliers et guirlandes d'oeillets d'Inde...

 

A 17H45, nous prenons  place sur une terrasse sur le côté sud du ghât  de Dashashwamedh ("le sacrifice des dix chevaux") à proximité du temple de Vishwanath, avec le confort d'être assis sur des chaises en plastique et avec vue directe sur les longues marches descendant vers le fleuve et les autels, moyennant l'équivalent d'un ou deux euros.
L'Arti (Ārtī) ou aarti ou encore arati est un culte en l'honneur de la déesse Gangā, principalement célébré au ghât de Dashashwamedh.  A sa droite est érigé un petit oratoire, le temple Shitala, déesse de la variole, avec un lingam pour commémorer le sacrifice légendaire des dix chevaux.

Une foule considérable se presse à quelques mètres en dessous, foule dans laquelle on peut même apercevoir quelques musulmans avec leur calotte blanche, des moines bouddhistes et forcément de faux et vrais sâdhus (renonçants qui ont fait vœu de pauvreté). Evidemment, une vache participe aussi au rassemblement,  couchée tout en haut des marches. D'autres pèlerins nous font face, sur des centaines de barques bondées. Autour d'eux flottent des coupelles portant des bougies. Combien sommes-nous ici et sur un autre ghât moins important ? 10 000 ? ou 20 000 ? puisque généralement les pèlerins restent ici deux jours selon Hanuman... On peut lire parfois le nombre de 60 000...

Huit parasols lumineux encadrent sept autels. Un peu avant 18H, les prêtres commencent à se rassembler sur l'autel dressé au centre au-dessus duquel une banderole porte l'inscription "Ganga Seva Nidhi", le nom d'une association qui commémore la mémoire de  Satyendra Mishra (Munnan Maharaj) né à Bénarès en 1951 et disparut en 2013 après avoir célébré ici l'Arti pendant de nombreuses années....
 


A 18H15, les sept brâhmanes officiant se sont rassemblés à l'autel central et commencent à prier ensemble durant quelques minutes avant de rejoindre chacun leur autel. Ils vont officier pendant trois quarts d'heures, accompagné par un chant retransmis par la sono et par le tintement de dizaines de clochettes suspendues à des  portiques et accrochées à des fils que tirent des fidèles ou de celles tenues par les prêtres, par des battement de tambours et sons de conques. Mais ce n'est rien à côté des rassemblements Ganga Mahotsave et Dev Deepawali qui ont lieu fin novembre au cours desquels on peut voir 21 brahmanes effectuant le Ganga Aarti tandis que 41 jeunes filles chantent des hymnes et des prières.



Les  officiants sont jeunes car ils vont rester debout exécutant une succession d'offrandes-bénédictions plutôt physiques dans les quatre directions cardinales: à l'est face au fleuve, puis au sud, à l'ouest (vers nous, vers les gens debout sur les ghâts) et au nord pour finir. Cela commence avec des bâtons d'encens,  puis un brûloir dégageant beaucoup de fumée (bois de santal?),  puis une fleur, puis un lourd chandelier pyramidal à six couronnes de bougeoirs surmonté d'une mèche sans doute imbibée  de ghī (beurre clarifié) ou de camphre, puis un flamme puissante jaillissant d'une lourde vasque surmontée de 7 têtes de cobra tenue à bout de bras et enfin un éventail en plumes de paons.
Même pour nous, c'est une atmosphère à la fois irréelle et prenante tant les participants vivent intensément ce rituel.

Nous quittons un peu avant 19H afin de ne pas être trop pris dans la foule puis des embouteillages inextricables. Trois quarts d'heure plus tard nous serons à l'hôtel pour dîner et dormir d'un sommeil rempli de rêves étranges.

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BÉNARÈS: bain rituel du matin, un jour consacré à la Lune

Lundi 8 février

Ce sera notre second lever matinal du voyage. Très matinal même puisque Hanuman vient nous chercher  à l'hôtel dès 5H45. Nous partons le ventre vide pour retourner aux ghâts afin d'assister au bain sacré.
La  dernière partie du trajet est à nouveau pédestre et à 6H nous arrivons sur la rive du Gange au ghât
de Dashashwamedh, au même endroit que la veille au soir. La bonne heure pour une salutation au soleil qui va apparaître exactement face à nous.
Nous attendons un petit moment l'arrivée du batelier qui a été réservé par le guide pendant que la foule s'étoffe. Les fidèles (et les touristes) peuvent acheter des coupelles fleuries portant une petite bougie et destinées à être déposées par la suite sur le Gange où elles s'en vont à la dérive emportant de frêles lumières.

Hanuman nous fait par de sa demi surprise face à cette affluence et l'explique par la conjonction de deux éléments du calendrier:
 - dans l'univers hindi le lundi (Somavāra en sanskrit) signifie, comme pour nous dans la plupart des langues indo-aryennes, "le jour de lune" (du latin lunae dies)
 - de plus nous sommes au premier jour d'une nouvelle lune, précisément début d'une nouvelle année lunaire pour les Chinois mais pas pour les Hindous qui célèbreront cette année  leur Nouvel An le 14 avril (Premier quartier de lune).
Avec l'humour dont il est coutumier, il  nous indique que quelque part dans la foule se trouvent son épouses et sa belle-soeur qui en tel moment ne peuvent se dispenser du bain rituel, pour leur salut mais aussi pour préserver leur mari... Selon Hanuman, cet attachement peut aussi être obtenu par l'épouse qui fait 108 fois le tour d'un banian sacré en enroulant un fil autour de son tronc. Foi de brahmane puisque telle est la caste de notre guide... Ainsi, en respectant le patrivat (voeux de consécration à l'époux), la femme accompli son dharma. Il faut savoir que le veuvage pour les femmes hindoue reste une malédiction. Une veuve ne peut pas se remarier  et souvent la belle-famille la rend responsable de la mort de son époux... Il y a un peu plus d'un siècle, les veuves se jetaient encre dans le bûcher funéraire de leur mari. Ce  terrifiant sacrifice des sati était apparu  au VIe siècle et s'est parfois poursuivi au-delà de son interdiction promulguée en 1829.

A 6H20, nous montons sur une petite barque qui va remonter le Gange, c'est-à-dire vers le sud. Cela peut sembler curieux car le cours général du fleuve le fait descendre de l'Himalaya donc du nord mais au niveau de Bénarès il effectue une boucle. Quelques minutes après le départ du Dashashwamedh Ghât nous sommes abordés par un vendeur de coupelles-bougeoirs à déposer sur l'eau. Avec tout ce qui se dit à propos du Gange, on pourrait s'attendre à ce que ses eaux dégagent des odeurs incommodantes où qu'y flottent des déchets divers voire des restes humains. Rien de cela, du moins dans cette partie amont du fleuve.


Alors que le jour se lève à peine, nous allons passer successivement devant une série de ghâts plus ou moins  fréquentés et rendus un peu flous par une atmosphère vaporeuse et comme irréelle, certes magique mais guère plus propice que l'obscurité à la prise de photos:
 - Ahalya Bai Ghât construit au pied d'un imposant palais (XVIIIe s.)
 - Munshi Ghât également au pied d'un palais de la même époque que le précédent
 - Rana Ghât, pas vraiment sacré puisqu'utilisé par les musulmans, au pied du palais du maharana d'Udaipur
 - Raja Ghât est très repérable par ses marches recouvertes de draps un peu grisâtres mis à décher là par les dhobi, les blanchisseurs. Il est surmonté par la résidence construite par un prince marathe au XIXe pour héberger les brahmanes
 - puis se sont de petits temples du Someshwara  Ghât consacré à la lune comme son nom hindi l'indique
 - Manasarowar Ghât  avec un palais de Man Singh d'Amber
 - des égouts débouchant dans le fleuve
 - Kedar Ghât  où  se presse la foule des pèlerins originaires du sud comme en témoigne l'architecture du temple bâti ici et dédié à Shiva
 - vers 6H45 nous rebroussons chemin à hauteur du Harishchandra Ghât, un ghât  de crémation situé en amont du fleuve et pour cela modernisé pour effectuer des crémations au four électrique.

Nous ne remonterons pas les 6 Ghâts suivants jusqu'à l'embouchure de la rivière Asi. Maintenant nous redescendons le fleuve un peu plus au large des ghpats pour faire place aux barques qui nous suivent. Nous passons devant le ghât  principal, le
Dashashwamedh Ghât, un peu noyé dans la brume qui s'élève du fleuve. Face au disque solaire tout rose, dans la brume matinale, nous voyons les fidèles allant jusqu'à s'immerger totalement dans l'eau à plusieurs reprises et on peut en voir qui en boivent une gorgée dans le creux de la main. Les hommes sont torse nu, vêtus d'un simple slip, short ou pagne. Les femmes sont généralement
en sari sous lequel elles portent une sorte de brassière ou de corsage serré (choli) laissant le ventre nu.
Le bain sacré
est l'une des nombreuses méthodes prétendant conduire sur le chemin de la Moksha (ou libération). Pour sa part, compte tenu des circonstances, Hanuman se contentera tout en priant de s'asperger le visage à trois reprises en se penchant sur le bord de la barque.
 



Maintenant nous allons passer successivement devant:

 - Man Mandir Ghât  est dominé par le plus ancien et plus beau palais, bâti au tout début du XVIIe par le maharaja de Jaipur Man Singh Ier et  jouxtant l'un de ses  observatoires astronomiques (il en avait bâti trois autres à Jaipur, Delhi et Ujjain). Hanuman a acheté un sachet et nous savons bientôt qu'il contient des graines qu'il jette à la volée sur le fleuve ce qui a pour effet d'attirer des mouettes (c)rieuses qui se chamaillent en tourbillonnant autour de nous. Venant de Sibérie, elles descendent dans ces contrées entre octobre et mars.
 -  Lalita Ghât construit au XIXe  par le roi du Népal en  l'honneur de la déesse Lalita et surmonté par un temple népalais  
 - Manikarnatika Ghât  est l'un des plus connu puisque c'est là qu'on lieu les crémations traditionnelles sur des bûchers. Une partie du site est sommairement aménagée en déclivité vers le fleuve tandis que plus haut on peut voir des terrasses et des tas de bûches. Il ya encore peu de fumée car selon Hanuman les crémations n'ont lieu que le jour (à partir de 6H en ce moment) contrairement à ce que j'ai pu lire par ailleurs où l'on évoque 24H/24 mais il y a peut-être confusion avec le feu sacré qui sert à allumer les bûchers et qui brûlerait depuis 2000 ans dans leur temple... C'est le domaine de la caste des Doms, concessionnaires héréditaires de cette activité de crémation dont ils tirent une certaines richesses (et nos Pompes Funèbres alors?) comme en témoignent quelques demeures voisines.

La crémation est le rite important attaché aux défunts, il permet à l'âme immortelle qui erre sur terre de poursuivre son chemin, libérée de son enveloppe charnelle, et de renaître sous une nouvelle forme si  définitivement libérée, elle n'atteint pas le moksha, la libération définitive et finale de la vie.
 



Vers 7H15 nous débarquons à l'arrivée au Scindia Ghât et nous laisserons donc de côté les 6 Ghâts allant jusqu'à l'embouchure de la rivière Varuna. Scindia Ghât est très particulier avec son temple dédié à Shiva en train de s'enfoncer dans le Gange. Il a été construit au XIXe par la rani (épouse du maharaja) de Gwalior et devait être le plus monumental.

Passant au dessus du Manikarnika Ghât, le ghât des crémations, en se faufilant entre les tas de bûches, Hanuman nous guide vers le dédale des ruelles de la vieille ville, le Chowk, une sorte de bazar. Comme le Petit Poucet, vaches sacrées et chiqueurs de bétel ont chacun à leur manière balisé leur itinéraire, ici de bouses et là de crachats sanguinolents. Donc il faudrait avoir un oeil fixant le bout de ses chaussures. On passe auprès de minuscules oratoires-temples le plus souvent dédiés au dieu régénérateur Shiva si l'on en juge par les lingams (symbole phallique) et yonis (sexe féminin) ou par le taureau Nandi qui le symbolisent. Au pied d'anciens palais décrépits on a quelques peines à croiser des vaches tant les ruelles sont étroites.
A ce moment, le grand souci d'Hanuman, c'est de savoir si l'on pourra passer au  Kashi Vishwanath, autrement appelé Temple d'Or, qui voisine avec une mosquée. En effet l'accès à toutes les ruelles entourant le pâté de maisons est contrôlé par des militaires du fait de sa proximité avec la mosquée d'Aurangzeb et cela rappelle une longue histoire émaillée de conflits inter-religieux. 


DESTRUCTIONS ET RECONSTRUCTIONS MULTIPLES DU KASHI VISHWANTH (ou "Temple d'Or")

Un premier temple est évoqué par un texte sacré de l'hindouisme, le Skanda Purana écrit 5 siècles avant l'ère chrétienne. Le temple original a été détruit à la fin du XIIe siècle lors des premières invasions musulmanes. Reconstruit peu après il est à nouveau détruit par le sultan de Delhi au XVe siècle.  Il est encore reconstruit peu après, pendant l'empire moghol, jusqu'à sa dernière destruction par le très intolérant empereur Aurangzeb en 1669. A sa place, il fait bâtir une mosquée que l'on connaît sous le nom de Gyanvapi Masjid (ne pas confondre avec la mosquée d'Aurangzeb située au niveau du Panchganga Ghât), en réemployant des matériaux de l'ancien temple. Au milieu du XVIIIe siècle, l'Empire marathe avait envisagé de détruire cette mosquée pour rebâtir le temple à sa place mais finalement le maharaja de Jaipur choisit une solution plus pacifique en achetant des terrains dans le voisinage immédiat de cette mosquée afin d'y reconstruite un temple. Ce qui fut fait au siècle suivant et il fut embelli grâce aux généreuses donations en argent ou en or, don de 800 kilos d'or (certains donnent  le chiffre de 500kg) par un maharaja sikh afin de recouvrir les plaques de cuivre des dômes.


Ici, c'est un lieu propice aux frictions, voire pire. Des émeutes ou des attentats ont parfois lieu et peuvent survenir à tout moment, comme en 2006 (une quinzaine de victimes). Depuis, seuls les fidèles sont  autorisés à pénétrer dans l'édifice et peuvent voir dans le Saint des Saint, un lingam noir poli reposant sur un autel d'or. Au mieux les non-hindous doivent se contenter d'entrapercevoir la flèche depuis l'étroit boyau qui y conduit. Mais rien que pour cela, le suspense dure jusqu'au dernier moment. Hanuman joue de son appartenance à la caste des brahmanes pour négocier avec l'un des siens qui tient une boutique de tissus bien située puisque justement adossée au temple. Ce commerçant en joue à son tour pour négocier notre passage auprès du militaire qui contrôle l'accès au passage.  Après avoir laissé nos sacs dans la boutique à la garde du commerçant,  nous nous insérons dans la file qui se faufile dans une allée étroite, juste pour prendre une vague photo d'une flèche du temple. Bien des soucis pour pas grand chose. Très vite de retour dans la boutique, on se sent un peu obligé d'y faire de menues emplettes d'autant que l'on nous sert du thé masala, le thé indien au lait très sucré et parfumé aux épices. Problème: "nous sommes plutôt "thé vert non sucré". Pour ne pas faire d'affront, je me sacrifie stoïquement... Je me préoccupe inutilement du nettoyage de l'ustensile car ces coupelles en argile sont à usage unique mais malheureusement l'usage de verres et tasses en plastique se répand, entraînant un lot de déchets supplémentaire...

Chai, le thé masala à l'indienne

Chai [tcahi] veut tout simplement dire thé en hindi ! C’est un dérivé du chinois mandarin cha. La culture du thé originaire de Chine arrive en Inde en 1830, apportée par les colons britanniques inquiets du monopole chinois sur sa production. Aujourd'hui,  plus de 80 % de la production est destinée au marché indien !
L’ancêtre du thé masala est une boisson aux épices, dont  l’origine remonte aux textes ayurvédiques. Le mélange d’épices est  directement infusé dans de l’eau bouillante avec le thé  ainsi que le lait et le sucre. La préparation peut varier: certains suivent la méthode sri-lankaise, dans laquelle le lait est bouilli séparément et mélangé au thé épicé dans un shaker juste avant d’être servi. La méthode indienne orthodoxe consiste à bouillir le thé noir, le sucre et les épices longuement dans le lait, qui peut être ou non mélangé avec de l’eau. Parmi les épices utilisées on trouve de la cannelle, de la cardamome, du clou de girofle, de la noix de muscade, du poivre, du gingembre.
 Au moment du service, le chaï est "étiré" de la casserole à la verseuse en un long jet, pour refroidir mais également oxyder le breuvage. De plus, ce service impressionnant est aussi un argument de vente: le chaiwallah avec le sens du spectacle le plus prononcé pour attirer les clients.
 À l’origine, le chai était servi dans des coupes d’argile à usage unique, donc d'une certaine façon  recyclables à l’infini. Modernité oblige, il est dorénavant servi le plus souvent dans des gobelets en plastique, ce qui n’est pas toujours très pratique lorsqu’il est bouillant et contribue à la pollution par les déchets dont on se passerait bien…


Nous reprenons notre balade dans les ruelles voisines et par une porte bouchée par un plexiglas crasseux on peut apercevoir la mosquée Gyanvapi Masjid, voisine du temple d'Or.  Nous arrivons bientôt sur des rues plus larges et l'avenue  du ghât de Dashashwamedh bordée d'anciennes constructions de l'époque coloniale afin de rejoindre notre véhicule.

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BÉNARÈS: un aperçu de la ville (Université, temples de Durga et de la "Mère Inde")

Il est environ 8H15 lorsque nous partons en voiture faire un tour dans les quartiers sud.
Nous passons sous la Porte Shri Guru Ravidass avant de franchir celle qui donne accès au vaste campus de l'Université Babaras Hindu University (ou Bharat Kala Bhavan en hindi).  Fondée en 1816   d'après Hanuman qui la connaît bie puisqu'il y a fait ses études, c'est la plus grande université du pays et même d'Asie avec 40 000 étudiants et 4000 professeurs (fondée en 1918 et accueillant 20 000 étudiants selon  Wikipédia). Organisée sur un plan hémicirculaire, c'est une petite ville en marge de la ville. En effet, elle regroupe 14 facultés (dont l'une dédiée à l'astrologie!), 5 instituts professionnels et un hôpital, sans compter les résidences destinées aux professeurs et aux étudiants pauvres et méritants, de petits squares, une banque et un temple...
Non loin de là, après être passés par des rues sales avec des cochons fouinant dans les détritus,  nous apercevons le vaste temple de Durga (Durgakund) au bord d'un bassin entouré de ghâts. L'édifice tout de couleur pourpre date de la fin du XIXe siècle. Nous nous contenterons d'une vue extérieure. Il est dédié à un avatar de Parvati, épouse de Shiva, considérée comme la shakti (l'énergie) de l'Absolu. C'est l'une des divinités principales du panthéon hindou. L'autre avatar de Parvati est Kali avec son collier de crânes, déesse de la préservation, de la transformation et de la destruction des mauvais esprits.
 


En un petit quart d'heure pour 6 kilomètres, nous revenons vers le centre de la ville et les anciens quartiers coloniaux, non loin de la gare. Spectacles de rue toujours étonnants comme cette famille, une mère et six enfants d'âges divers transportés sur un vélo-rickshaw. Une fois de plus passage au carrefour proche de l'église Saint Thomas puis traversée d'un marché installé sur le trottoir et nous sommes à destination.

Nous allons visiter rapidement un monument qualifié de mandir, autrement dit de "temple" alors qu'il s'agit plutôt d'une sorte de musée poussiéreux et un  peu laissé à l'abandon, le Bharat Mata Mandir, consacré à la "Mère Inde". Pas de statue ici mais sur une centaine de m²  le sol est occupé par une immense carte en relief de l'Inde faite de plus de 700 blocs de marbre sculptés en relief. L'ouvrage voulu par les nationalistes Shiv Prasad Gupta et Durga Prasad Khatri fut inauguré par le Mahatma Gandhi en 1936. On peut descendre en demi sous-sol afin d'avoir une vue rasante du relief et en perspective, notamment depuis le sud, ce qui permet d'apercevoir tout à l'opposé l'Himalaya dans la mesure où l'échelle du relief a été volontairement exagérée. Pour la vue aérienne depuis l'étage, "il faudra repasser" car pour des raisons de sécurité la porte qui y donne accès est condamnée.

Moins de 10 minutes plus tard nous sommes à l'hôtel pour prendre un petit-déjeuner un peu tardif, puisqu'il est 9H15, et mérité après tant de mouvements. 

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SARNATH: site bouddhique commémorant le premier sermon du Bouddha

Hanuman nous a donné rendez-vous à 11H30 pour une dernière visite en sa compagnie. Il s'agit de se rendre à Sarnath, localité située au nord-est de Bénarès et distante d'une petite douzaine de kilomètres du centre, un trajet d'une bonne demi-heure.
Ici le Bouddha prononça son premier prêche il y a plus de 2500 ans (vers 500 avant J-C), c'est pourquoi c'est l'un des quatre grands lieux saints du bouddhisme (il vient chronologiquement après Lumbini, lieu de naissance  du Bouddha aujourd'hui situé au Népal,  Bodh Gaya, lieu de l'éveil et avant Kushinagar, lieu de sa mort et de son accès au  nirvana). Bouddha avait réuni là sa petite communauté (Shanga) naissante avant de l'envoyer en mission pour répandre la doctrine (Dharma). L'expansion du bouddhisme fut favorisée à partir du IIIe siècle avant J-C par l'empereur Ashoka, un empereur également  tolérant avec les autres "religions indiennes" tels que l'hindouisme et le jainisme. Le site continua à être un lieu de vénération et de grands monastères s'y établirent jusqu'au XIIe siècle, hébergeant des milliers de moines.
Brutalement tout va disparaître, la religion et ses monuments. Le site est rasé par le sultan de Delhi Qutb ud-Din Aibak en 1194 et on assiste à la quasi disparition du bouddhisme de la terre indienne dont une partie se convertit de force à l'islam tandis que la majeure partie  retourne  à ses croyances hindouistes issues du brahmanisme (900 à 400 avant J-C) et encore plus loin, du védisme (un millénaire avant J-C).
Le site tombe alors dans l'oubli durant six siècles jusqu'en 1794, lorsque Jagat Singh, le dîvân (ministre des Finances) du raja de Bénarès, récupère des briques du Stupa Dharmarajika pour les utiliser comme matériau de construction. Les fouilles plus ou moins sauvages commencèrent alors et au début du XXe siècle les vestiges du sanctuaire principal ainsi que le Pilier (ou Colonne) d'Ashoka brisé, malheureusement.

Dans le joli Parc aux Daims d'environ 15 hectares ne subsistent que les vestiges du vaste complexe érigé jadis en briques rouges de différentes factures témoignant de différentes époques, entre le règne de l'empereur Ashoka et de celui du sultan Aibak.


En marchant à travers le site peu fréquenté, on verra des centaines de bases de stupas votifs à base carrée ou circulaire ainsi que de divers temples. Selon Hanuman, a présence d'escaliers monolithiques à 7 degrés s'enfonçant dans le sol semble prouver que les fouilles ne sont pas descendues au véritable niveau d'origine.  
Puis nous passons successivement devant
 - un élément imposant d'un garde-corps monolithique en grès, de près de 2,50 mètres de long par 1,50 mètres de largeur,
 - quatre morceaux de la colonne ou Pilier d'Ashoka en grès poli qui à l'origine mesurait une quinzaine de mètres et dont le chapiteau est exposé  au Musée que l'on va visiter tout à l'heure
 - les fondations du Mulagandha Kuti Vihara qui indiquent la place où le Bouddha passa sa première mousson
 - nous approchons de  l'imposant stupa reliquaire Dhamek (son nom ancien était Dharma Chakra), dont la structure originelle date des premiers siècles de notre ère. On pense qu'un tumulus de terre préexistait ici comme tombeau d'un ascète. Dans le stupa construit par l'empereur Ashoka, on aurait enchâssé de petits fragments d'os calcinés du Bouddha et de ses disciples. Le monument  cylindrique en brique,  remanié et agrandi plusieurs fois,  mesure encore environ 35 mètres de hauteur (42,60 avec les fondations) pour une trentaine de mètres de diamètre.   Il a été agrandi à six reprises  (notamment  aux VIe- VIIe siècles) mais la partie supérieure est encore inachevée. Sa base habillée de pierres jusqu'à 11 mètres de hauteur est décoré de superbes frises de bas-reliefs représentant des fleurs, des oiseaux ou des humains, des inscription en l'écriture brahmanique et creusé de 8 niches orientées vers les points cardinaux et intermédiaires.  La forme cylindrique de ce stupa faisant penser à un chapeau est différente de la forme habituelle des stupas dans les pays bouddhistes d'Asie du Sud et du Sud-est  où ils ont l'apparence bol à aumône retourné ou de demi-sphère posé sur une base carrée et surmonté d'une flèche. Des pèlerins tibétains en costumes traditionnel pratiquant une circumambulation dans le sens des aiguilles d'une montre ou sens solaire (pradakshina) autour du monument en récitant des mantra et en faisant tourner un moulin à prière.

Après cela, nous visitons le Musée ouvert dès 1910 à l'initiative des archéologues britanniques. Il expose des sculptures datant du IIIe siècle av. J.-C. au XIIe siècle de l'ère chrétienne, tant hindoues que bouddhistes, prélevées sur le site lors des fouilles. Malheureusement les photos, même sans flash, y sont interdites. Les pièces les plus remarquables sont exposées dans le hall notamment le magnifique chapiteau du Pilier d'Ashoka en grès poli comme du marbre, ce qui est extraordinaire compte tenu de la structure granulaire de ce matériau. Il représente l'avant-corps de quatre lions dont l'un n'a subi aucune mutilation. Ils symbolisaient cette inde impériale et symbolisent maintenant la République indienne. Remarquable également, une imposante ombrelle en pierre, en forme de lotus, qui protégeait la statue d'un bodhisattva. Il faudrait passer des heures pour admirer toutes les statues présentées, non seulement dans le hall mais aussi dans deux galeries latérales.

En quittant le site, face aux fondations d'un ancien monastère, se dresse le stupa Chaukhandi, érigé (d'après la tradition) à l'endroit de la rencontre du Bouddha et des Bhadravargiya, ses cinq premiers disciples, et sur lequel Akbar (règne de 1556 à 1605) fit élever une tour octogonale en mémoire de son père Humayun (règne de 1530 à 1556).

Un quart d'heure de trajet pour aller faire une visite rapide dans un atelier de tissage de la soie, une activité traditionnellement dévolue aux musulmans de Bénarès qui réalisent les tissus de saris avec les motifs que leur commandent les hindous d'un peu partout. Mais cette activité est renaissante suite à de graves difficultés. En 1998 l'Inde a ouvert certains pans de l'économie aux entreprises chinoises. Leur concurrence a mis en difficulté ce secteur du fait qu'ils recourent au tissage mécanique  à base de soie artificielle  en débitant jusqu'à 50 mètres de tissu par jour et par métier. De plus,  pour fabriquer les brocarts ils utilisent du fil d'argent doré au lieu de fil d'or. En 2007, le gouvernement a fait marche arrière en versant une aide aux anciennes familles tisserandes et en les exonérant de taxes.
L'atelier que nous visitons pendant une bonne demi-heure utilise deux types de métiers à tisser: un très ancien où il faut le travail de deux ouvriers pour produire 1 centimètre par jour  d'un tissu de luxe avec jusqu'à 70 nuances de couleurs. Plus commun, le métier Jacquard semi-automatisé (dessins programmés par carte imprimée) est plus productif, 10 centimètres par jour avec un ouvrier mais seulement l'utilisation de 7 couleurs. 

Il est 14h lorsque Hanuman prend congé de nous à l'hôtel, non sans nous avoir suggéré de retourner sur les ghâts le lendemain matin puisque notre vol pour Delhi ne part qu'en milieu d'après-midi. Il conseille de faire appel à des vélos-rickshaws (plutôt qu'à des auto-rickshaws) qui nous y conduiront pour 150INR (2€) par vélo donc pour deux passagers.

Dîner à l'hôtel où l'on est impressionné par le grouillement de personnel en cuisine, une dizaine de personnes. Après le déjeuner, petit tour dans le quartier. Le ciel est bien laiteux et l'air un peu frais car il a neigé sur l'Himalaya. Tout près de l'hôtel, nous passons près d'une famille très pauvre, une femme et des enfants sales et en hayons qui semblent habiter là sur un coin de terrain envahi d'ordures et qui vivent en élevant quelques poules et des cochons. Ce sont des intouchables particulièrement démunis. On essayera de s'en souvenir lors de notre balade du lendemain. Nous faisons un petit bout de chemine sur le boulevard Raja Bazar très animé puis  passons au carrefour où est érigé le monument avec un avion de chasse, non loin de la cathédrale Sainte Marie.

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BÉNARÈS: un dernier tour vers la vielle ville,  les ghâts et  les bûchers de crémations

Mardi 9 février

Nous avons fait provision  de viennoiseries au buffet du petit-déjeuner pour en faire profiter la famille pauvre qui réside non loin de l'hôtel, sur le chemin pour aller vers les vélos rickshaws stationnés à un carrefour proche. Ces pauvres petites indiennes et leur mère n'en reviennent pas de cette pourtant bien modeste attention à leur égard.

Un peu après 8H30, nous sommes au point où stationnent les rickshaws. Pas de problème avec les conducteurs, le tarif annoncé par le guide (sans doute majoré par rapport à celui appliqué aux Indiens) est bien celui qu'on nous demande. Comme nous sommes trois, il est fait appel à un second conducteur. On nous fait même comprendre que les conducteurs sont près à nous attendre le temps de notre courte balade d'environ deux heures  et l'on ne paiera qu'au retour. Et c'est parti, direction le quartier de Godoulia. Un parcours un peu différent de celui de la veille dans sa première partie, avant de retrouver l'avenue Benia Bagh et, près de l'église Saint Thomas,  le carrefour avec la rue  Godowlia  aboutissant aux ghâts. Comme les rues sont moins encombrées que les jours précédents, le trajet aura duré seulement une vingtaine de minutes et il est plus facile d'observer la vie local: enfants allant à l'école à pied ou en rickshaw,  livreur de coupelles à thé masala, troupeau de chèvres, bâtiments coloniaux, moines bouddhistes près d'un temple...

Le premier conducteur s'en va stationner les engins dans l'arrière-cour d'un magasin tenu par son frère qui se propose d'ailleurs de nous accompagner ainsi que les conducteurs.
Nous abordons les ghâts au niveau de l'Ahalya Bai Ghât tandis qu'il y a toujours des pèlerins se baignant au Munshi Ghât
. Nous voici bientôt au ghât principal,
Dashashwamedh. De là nous nous enfonçons une nouvelle fois dans les ruelles du Chowk, la vieille ville. Là aussi, on circule plus aisément que la veille.
Puis nous revenons vers les ghâts du côté de Lalita Ghât. 
Sur des ghâts pratiquement déserts, nous poursuivons vers le nord, par le Jalsain Ghât. Retour sur les marches où se prélassent des chèvres tandis qu'un marchand d'offrandes attend le chaland.
 

A 9H30, nous arrivons "dans le dur", au Manikarnika Ghât avec ses bûchers de crémation qui se signale à nous par un bruit de cognée tapant sur un coin d'acier pour fendre de grosses bûches.  Sur les ghâts de Bénarès ont lieu quotidiennement 200 à 300 crémations.
 

Ici, "[...] nous nous trouvons brutalement confrontés à l'innommable: la mort, cette mort à laquelle nous sommes, nous autres Occidentaux, si mal préparés..." 
(extrait de "Fous de l'Inde", Régis Airault)

 

Selon la croyance hindoue, celui qui meurt à Varanasi atteint directement le moksha (nirvana) et son corps brûlé échappe au cycle des renaissances tandis que les cinq éléments dont il est composé (la Terre, l'Eau, le Feu, l'Air et l'Ether ou force vitale) sont libérés par  le feu du bûcher, pour enfin ne faire plus qu'un  l'Absolu, le Tout. La crémation, c'est la troisième naissance de l'homme débarrassé de son enveloppe charnelle. La première est le fruit de l'union des parents et la deuxième à lieu dans le mariage.
Par rapport à la veille où l'on apercevait des fumées depuis la barque, aujourd'hui il ne semble pas ya avoir beaucoup d'activité pourtant il paraîtrait que jusqu'à 300 corps par jour se consument ici (probablement si qu'on inclut dans ce nombre l'activité de l'autre ghât dédié d'Harishchandra).  Cependant tout en bas, près de l'eau, sur des ghâts qui ont disparu sous des épaisseurs de cendres, vieilles braises non et tissus non consumés, d'offrandes de fleurs et de bouses, une crémation se prépare. Une famille modeste sans doute car les terrasses supérieures sont destinées aux personnes aisées et castes supérieures (brahmanes).
Il va de soi que l'on ne photographie pas ce rituel on ne peut plus privé même si l'il n'est pas mal vu d'y assister. Peu d'activité mais il y aurait cependant eu une première crémation avant notre passage, donc vraiment pas d'odeur de chair brûlée...

Au milieu de chiens errants et près d'une vache négligemment couchée, un "guide local" qui se prétend au service d'un hospice-mouroir pour vieillards et malades  nous propose de nous expliquer le rituel en anglais. C'est un bon communicant car les nuls en anglais que nous sommes se sont sentis devenir soudainement intelligent, grâce à son débit lent, bien articulé et sans doute un vocabulaire simple adapté à notre niveau. Si l'on n'a pas compris de travers, les crémations n'auraient lieu que durant la journée mais j'ai un doute car les blogs évoquent souvent cette activité 24H/24...
Seuls les hommes participent à la crémation. On pourrait penser que cela aurait quelque rapport avec un notion d'impureté souvent invoquée dans diverses religions mais c'est plus prosaïque, c'est parce que les femmes pleurent facilement, ce qui retient les âmes des défunts sur terre. De plus, par le passé, elles se jetaient dans le bûcher de leur défunt mari comme le faisaient autrefois les satis, la femme ne méritant pas de survivre à son époux (pratique barbare à laquelle les autorités britanniques mirent fin en 1829).

Pendant une demi-heure, le guide nous explique tout d'abord que cinq types de personnes ne sont pas soumises à la crémation, des personnes déjà sauvées, dont la dépouille n'a donc pas besoin d'être brûlée pour atteindre le salut:
 - les femmes enceintes
 - les enfants de moins de 10 ans (d'autres sources parlent de 11 ans) considérés comme innocents
 - les lépreux, ayant perdu leurs membres ils ne peuvent pas faire de mal et  punis de leur vivant (comme des morts de la variole évoqués par d'autres sources et rappelons qu'il y a un temple dédié à cette maladie sur le ghât principal)
 - les personnes mordues par un cobra (signe de Shiva)
 - les sâdhus, ces sages et maîtres spirituels, à la conduite exemplaire, vénérés comme des dieux
A cette liste s'ajoutent les cadavre de vaches que l'on sait sacrées ici.

Il ajoute que ces cadavres dispensés de crémation sont immergés  dans le Gange, assis dans la position du lotus, lestés d'une lourde pierre. Certains blogs évoquent pourtant le fait que l'on peut voir flotter non seulement quelques restes humains  mais parfois même des corps... A noter que ce ghât des crémations est situé relativement en aval de la ville, ce qui explique que la navigation des touristes ne dépasse généralement pas ce ghât...
Par ailleurs, j'ai pu lire que ne sont pas incinérés les corps de ceux qui sont morts suite à un accident, une maladie, un meurtre  car leur mort brutale ne peut être que le fruit d'un mauvais karma. A voir...

Nous voyons à ce moment là un homme au crâne rasé avec un petit épi de cheveux, une sorte de petite queue de cheval de la circonférence de l'occiput, simplement vêtu d'un pagne blanc, s'en allant jeté dans le Gange ce qui ressemble à des tisons mais qui sont en fait des ossements qui se carbonisent plus difficilement, le sternum pour les hommes, le bassin pour les femmes, ce qui arrive souvent lorsque la famille n'est pas assez riche pour payer tout le bois nécessaire. Ici, d'après le guide,  il s'agissait de restes du père de cet homme.

"Notre guide" explique que selon la corpulence du défunt, il faut de 130 à 300 kilos de bois et que le kilo coûte de 200 à 300INR selon la qualité du bois (le santal utilisé par les riches est plus cher).  Une fortune pour beaucoup d'Indiens puisque cela établit un tarif entre 200 et 800€ quand on sait que beaucoup ne gagnent que l'équivalent de 10 à 15€ par mois. Une fortune pour les intouchables et doms qui travaillent sur ce ghât. La crémation dure de deux à trois heures. La préside le membre masculin le plus proche du défunt.

Venons-en à la crémation proprement dite qui va se dérouler à quelques pas de nous.
Le corps du défunt avait été amené en procession enveloppé dans un tissu (blanc pour les hommes, rouges pour les femmes, orange pour les personnes âgées). Puis simplement  enveloppé d'un linceul blanc, il avait été placé sur une civière de bambou et plongé dans le Gange à plusieurs reprises avant qu'on lui verse de l'eau du Gange dans la bouche.
Nous arrivons à ce moment du rituel. Il s'agit d'une femme. Le corps est hissé de sa civière de bambou sur la base du bûcherLe mari au crâne rasé et vêtu d'un dhoti blanc procède à diverses onctions avec des huiles au niveau du visage qu'il découvre pour ce faire. Il disparaît un petit moment puis revient du temple dédié à Shiva où il est allé enflammer un torche faite de feuilles de roseaux au feu sacré qui brûle sans discontinué dans le temple depuis 2000 ans. Suivi des quelques autres hommes de la famille, il effectue cinq fois (pour les 5 éléments) le tour du corps (dans le sens solaire) et tentant à chaque passage d'enflammer le linceul au niveau de la tête pendant que des mantras sont récités. Pour finir, avant que la torche soit complètement consumée, il l'a glisse dans le foyer ménagé à la base du bûcher. Déjà, les Doms commencent à empiler d'autres bûches sur le corps...

Notre temps étant compté et ne souhaitant pas assister au rituel jusqu'à la fin nous prenons congé du guide en lui remettant la valeur de quelques kilos de bois pour ses futurs morts indigents. Il nous dira en partant que les Indiens vivent cette séparation sereinement puisque c'est l'aboutissement attendu de leur destinée et que l'on ne revient pas en visite sur ce lieu comme on le fait dans nos cimetières.

D'après ce que l'on peut lire sur le sujet, pendant la suite de la crémation, les dom veillent à entretenir le feu en rassemblant les morceaux au centre du foyer à l'aide des perches en bambou qui servaient de brancard. C'est également avec ces perches que l'officiant (ici le mari)  brise le crâne du mort afin de faciliter sa libération... Autre façon de procéder à cette ultime délivrance,  l'officiant brise le crâne calciné avec une noix de coco pour que l'âme puisse s'échapper de son enveloppe charnelle. A la fin de la crémation, le sol est sommairement nettoyé, les cendres balayées dans le fleuve. L'officiant qui est resté le dernier remplit alors une vasque en terre cuite d'eau du Gange tourne alors le dos au lieu de la crémation et jette le récipient par dessus son épaule en guise de geste d'adieu.  J'ai également lu que la cruche remplie d'eau était placée inclinée près du bûcher afin de se vider peu à peu, symbolisant la vie qui s'échappe...

Finalement, aussi surprenant que cela puisse paraître, ce rituel n'a rien de macabre. Au contraire, au-delà du respect témoigné au défunt. Pas de tristesse mais une grande sérénité se dégage de cette cérémonie. En un mot: émouvant...


A 10H, après avoir passé  le Man Mandir Ghât, nous regagnons le ghât principal. Nous
faisons un petit détour au temple dit "népalais", réplique d’un temple de Pashupatinath au Népal (lieu de crémation sur la rivière Bagmati qui se jette dans le Gange) particulièrement original avec sa double toiture en pagode. Il est construit en brique et en bois sur lequel on peut voir quelques bas-reliefs érotiques.  Après quoi, nous allons marcher tranquillement en direction du sud pour nous arrêter avant le Raja Ghât, le ghât des blanchisseurs. 
Nous revenons sur nos pas. Quelques personnes se baignent encore du côté du Munshi Ghât.  On peut voir plus loin  un guru shivaïte  sur le front duquel sont tracées à la cendre  trois barres horizontales, assis en lotus, portant  une longue barbe, torse nu et bas du corps couvert  d'un pagne. Puis c'est un charmeur de serpent puis un sâdhu  au corps couvert de cendre de bouse de vache et totalement nuArrivés au
Dashashwamedh Ghât, nous rencontrons un sâdhu aperçu la ville au soir, au corps également couvert de cendre. Bien bedonnant, il est couché, vêtu d'un seul pagne. Ce qui semble indiquer qu'il n'a pas renoncé à tout. Les vrais sâdhus vivent sans argent. Il accepte d'être photographié sans rien nous demander. Il ne touche pas le billet que nous tendons mais c'est "un jeune disciple" qui s'en charge. Coup d'oeil à de petits temples, à un coiffeur qui rase la tête d'un homme qui a perdu un proche et se prépare ainsi pour la crémation.


LES ETAPES DE LA VIE: de la naissance au renoncement

Pour l'hindouisme, l'homme naît trois fois.
 - La première fois, il naît de son père et de sa mère.
 - Puis une seconde fois par le mariage. L’homme est symboliquement vêtu en blanc (le sperme) et la femme en rouge (le sang).
 - Enfin, quand il meurt et qu'on le dépose sur le bûcher, c'est alors qu'il naît pour la troisième fois.

Chez les hindous, entre deux réincarnations, la vie est découpée en quatre étapes:
 - jeunesse (de 5 à 25 ans),
 - mariage et activité (25 à 50 ans),
 - retraite (de 50 à 75 ans),  les parents vivent en cohabitation avec leurs enfants et petits-enfants et se consacrent au domaine du spirituel. A 60 ans, c'est le second "mariage" symbolique (avec la même femme). Cette fois, l’homme est en blanc et la femme en jaune. Le fils, généralement l'aîné,  prend alors en charge tous les aspects matériels de la vie. Il est donc essentiel que chaque famille ait au moins un fils, trop de filles sont, de ce fait, craintes et la dernière parfois abandonnée.
 - et renoncement pour finir.

Après 75 ans,  les sâdhu ou renonçants,  se retirent du monde pour devenir ermites.
Les sâdhu ou sanyasin sont des ''renonçants'' (souvent shivaïtes) qui ont trouvé la sagesse dans l'ascèse, libres, errant sur les routes et faisant de temps à autre étape dans des ashrams (ermitages et lieux de retraite) lors de la mousson. Ainsi vivent-ils dans l'attente de leur délivrance du monde. Ils expriment leur détachement de ce monde par la cendre dont ils se couvent le corps, ce corps qui se consume à petit feu et qui exceptionnellement ne sera porté au bûcher mais enterré à leur mort pu jeté dans un fleuve sacré, comme le Gange à Bénarès.


En retournant vers l'endroit où sont parqués  les rickshaws nous traversons un petit marché tout près de l'endroit où les  pauvres sont installés, attendant des offrandes. A 10H30, nous voici repartis vers l'hôtel et  une demi-heure plus tard nous y sommes. Il ne reste qu'à payer la course en y ajoutant une petite gratification bien méritée.

Ce que nous avons vu ce matin ne nous a pas retournés comme on pouvait s'y attendre et nous aurons le temps de déjeuner tranquillement puisque c'est à 13H que le chauffeur vient nous chercher pour nous conduire à l'aéroport Lal Bahadur Shastri...

Comme pour le trajet entre Khajuraho et Bénarès, nous prenons le vol 9W2424 de la compagnie Jet Airways sur Boeing  737-800. Décollage comme prévu à 15H25 pour une durée de vol d'une heure trente... Pour les passagers se rendant à Delhi, c'est une escale seulement.


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______________________________________________________________________________________ <p align="justify">&nbsp;</p> <p align="justify"><span class="notranslate"> <font face="Comic Sans MS" size="2" color="#6600FF"><br> <br> <br> <br> <br> <br> <br> &quot;<i>Sur les eaux du Gange ,<br> les fumées s'évaporent ,<br> étrange mélange de vie et de mort. <br> Immuable beauté d'une enfant qui s'endort, <br> le nez percé d'un anneau d'or.<br> Juste une page d'amour <br> dans l'histoire des hommes.<br> [...]<br> Vieillard étendu <br> caressé par les flammes.<br> Le temps s'est tût <br> quand se sont tues les armes.<br> Vers le soleil rouge <br> s'envolera son âme.<br> Plus rien ne bouge.<br> &nbsp;On entend que des larmes.<br> </i></font><i>Juste une page d'amour <br> dans l'histoire des hommes ...</i>&quot; <br> (<i>The Charts</i>, ancien groupe de Calogero)<br> &nbsp;</span></p> <p style="margin: 0px 0px 24px; padding: 0px; border: 0px; font-family: 'Open Sans', sans-serif; font-size: 15px; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: normal; line-height: 24.299999237060547px; vertical-align: baseline; color: rgb(51, 51, 51); letter-spacing: normal; orphans: auto; text-align: start; text-indent: 0px; text-transform: none; white-space: normal; widows: auto; word-spacing: 0px; -webkit-text-stroke-width: 0px; background-color: rgb(255, 255, 255);">&nbsp;</p> <P ALIGN=justify><FONT SIZE="1"><BR> </FONT> <FONT FACE="Arial, Helvetica, sans-serif" COLOR="#FF0000" size="2">Les <I>sadhu</I> ou <I>sanyasin</I> sont des ''renon&ccedil;ants'' (souvent shivaïtes) qui ont trouv&eacute; la sagesse dans l'asc&egrave;se, libres, errant sur les routes et faisant de temps &agrave; autre &eacute;tape dans des <I>ashrams</I> (ermitages et lieux de retraite) lors de la mousson. Ainsi vivent ils dans l'attente de leur d&eacute;livrance du monde. Ils expriment leur d&eacute;tachement de ce monde par la cendre dont ils se couvent le corps, ce corps qui se consume &agrave; petit feu et qui exceptionnellement ne sera port&eacute; au b&ucirc;cher mais enterr&eacute; &agrave; leur mort.</FONT></P> <FONT FACE="Arial, Helvetica, sans-serif" SIZE="2" COLOR="#993333"><I>Guru</I> : ma&icirc;tre &agrave; penser dans l'hindouisme aidant &agrave; franchir les diff&eacute;rents degr&eacute;s vers la sagesse. Le vrai guru est un maître dont le but n'est pas de modeler des copies conformes et encore moins des disciples serviles mais de faire en sorte que l'élève devienne indépendant et que sa "science" dépasse même celle du maître. Il y a aussi de faux gourous pr&ecirc;ts &agrave; escroquer de na&iuml;fs Occidentaux...<BR> Le yoga est l'un des moyens d'arriver &agrave; une totale ma&icirc;trise du corps permettant un d&eacute;tachement des biens mat&eacute;riels et des passions. Les yogis ont leur correspondance dans les fakirs musulmans qui sont plut&ocirc;t des magiciens.<BR> <BR> <I>Sutra</I> : texte qui sert de pr&eacute;cepte et qui peut se trouver sous forme d'aphorismes dans les doctrines religieuses ou philosophiques de l'Inde. <BR> <BR> <I>Mantra</I> (''instrument de pens&eacute;e'' en sanskrit): expression sacr&eacute;e (&agrave; usage spirituel ou magique) du brahmanisme et repris par le bouddhisme. Les fid&egrave;les s'y adonnant croient au pouvoir des paroles rituelles.<BR> <BR> <I>Mandala</I> (''cercle'' en sanskrit): figure g&eacute;om&eacute;trique souvent limit&eacute;e par des cercles concentriques (surtout au Tibet) dessin&eacute;e sur le sol ou peinte sur toile symbolisant l'univers et servant de support &agrave; la m&eacute;ditation dans le tantrisme hindou et bouddhiste (ce dernier doit beaucoup &agrave; un <I>gourou</I> hindou de Lahore qui fit des emprunts &agrave; trois religions). <BR> Il en existe aussi sous forme de sculptures ou d'objets plus ou moins sophistiqu&eacute;s ou imposants, de la petite pyramide en p&acirc;te de riz au grand sanctuaire, en passant par des objets de bronze dor&eacute;.<br> </FONT><FONT FACE="Arial, Helvetica, sans-serif" SIZE="1" COLOR="#993333"> <br> </FONT><FONT FACE="Arial, Helvetica, sans-serif" SIZE="2" COLOR="#993333"> <p align=justify></FONT></font> <font face="Comic Sans MS" color="#6600FF"> <b><FONT FACE="Arial, Helvetica, sans-serif" COLOR="#993333">Quelques traits de l'hindouisme. Un univers cyclique, sans commencement, ni fin. </FONT></b></P> </font> <font face="Comic Sans MS" size="2" color="#6600FF"> <p align=justify> <FONT FACE="Arial, Helvetica, sans-serif" SIZE="2" COLOR="#993333"> <BR></FONT> </font> <font face="Comic Sans MS" size="2" color="#FF0000"> Entre deux r&eacute;incarnations, la vie est d&eacute;coup&eacute;e en quatre &eacute;tapes: <br> &nbsp;- jeunesse (de 5 &agrave; 25 ans), <br> &nbsp;- activit&eacute; (25 &agrave; 50 ans), <br> &nbsp;- retraite (de 50 &agrave; 75 ans les parents vivent en cohabitation avec leurs enfants et petits-enfants <br> &nbsp;- et renoncement. A partir de 75 ans o&ugrave; les sâdhu ou renon&ccedil;ants, hommes ou femmes, se retirent du monde pour devenir ermites.<br> <br> </font> <font face="Comic Sans MS" size="2" color="#6600FF"> <FONT FACE="Arial, Helvetica, sans-serif" COLOR="#FF0000" size="2">Les <I>sâdhu</I> ou <I>sanyasin</I> sont des ''renon&ccedil;ants'' (souvent shivaïtes) qui ont trouv&eacute; la sagesse dans l'asc&egrave;se, libres, errant sur les routes et faisant de temps &agrave; autre &eacute;tape dans des <I>ashrams</I> (ermitages et lieux de retraite) lors de la mousson. Ainsi vivent ils dans l'attente de leur d&eacute;livrance du monde. Ils expriment leur d&eacute;tachement de ce monde par la cendre dont ils se couvent le corps, ce corps qui se consume &agrave; petit feu et qui exceptionnellement ne sera port&eacute; au b&ucirc;cher mais enterr&eacute; &agrave; leur mort pu jeté dans un fleuve sacré, comme le Gange à Bénarès..</FONT><FONT FACE="Arial, Helvetica, sans-serif" SIZE="2"><font face="Comic Sans MS" size="2" color="#FF0000"><br> </font> <font face="Comic Sans MS" size="2" color="#6600FF"> <br> <BR></font></FONT></font> <FONT FACE="Arial, Helvetica, sans-serif" SIZE="2" COLOR="#FF0000">L'incin&eacute;ration est le rite important attach&eacute; aux d&eacute;funts, il permet &agrave; l'&acirc;me immortelle qui erre sur terre de poursuivre son chemin, lib&eacute;r&eacute;e de son enveloppe charnelle, et de rena&icirc;tre sous une nouvelle forme.<BR>En revanche sont inhum&eacute;es les personnes d&eacute;j&agrave; sauv&eacute;es, dont la d&eacute;pouille n'a donc pas besoin d'&ecirc;tre br&ucirc;l&eacute;e pour atteindre le salut: les sadhus, les enfants (moins de 10 ans) consid&eacute;r&eacute;s comme encore innocents, les personnes d&eacute;c&eacute;d&eacute;es d'une morsure de cobra (signe de Shiva)&#133;</FONT><font face="Comic Sans MS" size="2"></P> </font> <font face="Comic Sans MS" size="2" color="#6600FF"> <p align=justify><FONT FACE="Arial, Helvetica, sans-serif" SIZE="1" COLOR="#993333"><FONT FACE="Arial, Helvetica, sans-serif" SIZE="2"><BR></FONT> </FONT> </font> <font face="Comic Sans MS" size="2"> <FONT SIZE="2" FACE="Arial, Helvetica, sans-serif" color="#FF0000">L'homme na&icirc;t trois fois. La premi&egrave;re fois, il na&icirc;t de son p&egrave;re et de sa m&egrave;re. Puis une seconde fois par le mariage et, enfin, quand il meurt et qu'on le d&eacute;pose sur le b&ucirc;cher, c'est alors qu'il na&icirc;t pour la troisi&egrave;me fois.<BR>L&#146;homme se marie une premi&egrave;re fois vers 30 ans puis, vers 60 ans, se consacre au domaine du spirituel &agrave; l&#146;occasion d&#146;un deuxi&egrave;me &quot;mariage&quot;(avec la m&ecirc;me femme). Lors du premier mariage l&#146;homme est en blanc (le sperme) et la femme en rouge (le sang). Lors du second, l&#146;homme est en blanc et la femme en jaune. leur fils prend alors en charge tous les aspects mat&eacute;riels de la vie. Il est donc essentiel que chaque famille ait au moins un fils, trop de filles sont, de ce fait, craintes et la derni&egrave;re parfois abandonn&eacute;e.</FONT></P> </font> <font face="Comic Sans MS" size="2" color="#6600FF"> <FONT FACE="Arial, Helvetica, sans-serif" SIZE="1" COLOR="#993333"> <BR> </FONT></TD></TR> </TABLE> </p> <p align=justify> &nbsp;</p> </div> <div align="left"> <p align=justify> &nbsp;</p></div> <div align="left"> <p align=justify> &nbsp;</p></div> <div align="left"> <p align=justify> <span class="notranslate"><font face="Comic Sans MS" size="2" color="#6600FF">;</font></span></p> <p style="margin: 0.5em 0px; line-height: 22.399999618530273px; color: rgb(37, 37, 37); font-family: sans-serif; font-size: 14px; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: normal; letter-spacing: normal; orphans: auto; text-align: start; text-indent: 0px; text-transform: none; white-space: normal; widows: auto; word-spacing: 0px; -webkit-text-stroke-width: 0px; background-color: rgb(255, 255, 255);"> <span class="notranslate" onmouseover="_tipon(this)" onmouseout="_tipoff()" style="color: rgb(0, 0, 0); font-family: 'Source Sans Pro', sans-serif; font-size: 16px; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: normal; letter-spacing: normal; line-height: 32px; orphans: auto; text-align: left; text-indent: 0px; text-transform: none; white-space: normal; widows: auto; word-spacing: 0px; -webkit-text-stroke-width: 0px; background-color: rgb(248, 248, 248);"> Je viens à vous comme un enfant à sa mère.</span><span style="color: rgb(0, 0, 0); font-family: 'Source Sans Pro', sans-serif; font-size: 16px; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: normal; letter-spacing: normal; line-height: 32px; orphans: auto; text-align: left; text-indent: 0px; text-transform: none; white-space: normal; widows: auto; word-spacing: 0px; -webkit-text-stroke-width: 0px; background-color: rgb(248, 248, 248); display: inline !important; float: none;"><span class="Apple-converted-space">&nbsp;</span></span><br style="color: rgb(0, 0, 0); font-family: 'Source Sans Pro', sans-serif; font-size: 16px; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: normal; letter-spacing: normal; line-height: 32px; orphans: auto; text-align: left; text-indent: 0px; text-transform: none; white-space: normal; widows: auto; word-spacing: 0px; -webkit-text-stroke-width: 0px; background-color: rgb(248, 248, 248);"> <span class="notranslate"> <span style="font-family: 'Source Sans Pro', sans-serif; font-size: 16px; color: #000000; background-color: #F8F8F8"> Orphelin, j</span></span><span class="notranslate" onmouseover="_tipon(this)" onmouseout="_tipoff()" style="color: rgb(0, 0, 0); font-family: 'Source Sans Pro', sans-serif; font-size: 16px; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: normal; letter-spacing: normal; line-height: 32px; orphans: auto; text-align: left; text-indent: 0px; text-transform: none; white-space: normal; widows: auto; word-spacing: 0px; -webkit-text-stroke-width: 0px; background-color: rgb(248, 248, 248);">e viens avec amour et humilité.</span><span style="color: rgb(0, 0, 0); font-family: 'Source Sans Pro', sans-serif; font-size: 16px; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: normal; letter-spacing: normal; line-height: 32px; orphans: auto; text-align: left; text-indent: 0px; text-transform: none; white-space: normal; widows: auto; word-spacing: 0px; -webkit-text-stroke-width: 0px; background-color: rgb(248, 248, 248); display: inline !important; float: none;"><span class="Apple-converted-space">&nbsp;</span></span><br style="color: rgb(0, 0, 0); font-family: 'Source Sans Pro', sans-serif; font-size: 16px; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: normal; letter-spacing: normal; line-height: 32px; orphans: auto; text-align: left; text-indent: 0px; text-transform: none; white-space: normal; widows: auto; word-spacing: 0px; -webkit-text-stroke-width: 0px; background-color: rgb(248, 248, 248);"> <span class="notranslate"> <span style="font-family: 'Source Sans Pro', sans-serif; font-size: 16px; color: #000000; background-color: #E6ECF9"> Sans abri, j</span></span><span class="notranslate" onmouseover="_tipon(this)" onmouseout="_tipoff()" style="color: rgb(0, 0, 0); font-family: 'Source Sans Pro', sans-serif; font-size: 16px; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: normal; letter-spacing: normal; line-height: 32px; orphans: auto; text-align: left; text-indent: 0px; text-transform: none; white-space: normal; widows: auto; word-spacing: 0px; -webkit-text-stroke-width: 0px; background-color: rgb(230, 236, 249);">e viens à vous, dispensateur de repos sacré.</span><span style="color: rgb(0, 0, 0); font-family: 'Source Sans Pro', sans-serif; font-size: 16px; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: normal; letter-spacing: normal; line-height: 32px; orphans: auto; text-align: left; text-indent: 0px; text-transform: none; white-space: normal; widows: auto; word-spacing: 0px; -webkit-text-stroke-width: 0px; background-color: rgb(248, 248, 248); display: inline !important; float: none;"><span class="Apple-converted-space">&nbsp;</span></span><br style="color: rgb(0, 0, 0); font-family: 'Source Sans Pro', sans-serif; font-size: 16px; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: normal; letter-spacing: normal; line-height: 32px; orphans: auto; text-align: left; text-indent: 0px; text-transform: none; white-space: normal; widows: auto; word-spacing: 0px; -webkit-text-stroke-width: 0px; background-color: rgb(248, 248, 248);"> <span class="notranslate"> <span style="font-family: 'Source Sans Pro', sans-serif; font-size: 16px; color: #000000; background-color: #F8F8F8"> Tombé à terre, j</span></span><span class="notranslate" onmouseover="_tipon(this)" onmouseout="_tipoff()" style="color: rgb(0, 0, 0); font-family: 'Source Sans Pro', sans-serif; font-size: 16px; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: normal; letter-spacing: normal; line-height: 32px; orphans: auto; text-align: left; text-indent: 0px; text-transform: none; white-space: normal; widows: auto; word-spacing: 0px; -webkit-text-stroke-width: 0px; background-color: rgb(248, 248, 248);">e viens&nbsp; pour être relevé.</span><span style="color: rgb(0, 0, 0); font-family: 'Source Sans Pro', sans-serif; font-size: 16px; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: normal; letter-spacing: normal; line-height: 32px; orphans: auto; text-align: left; text-indent: 0px; text-transform: none; white-space: normal; widows: auto; word-spacing: 0px; -webkit-text-stroke-width: 0px; background-color: rgb(248, 248, 248); display: inline !important; float: none;"><span class="Apple-converted-space">&nbsp;</span></span><br style="color: rgb(0, 0, 0); font-family: 'Source Sans Pro', sans-serif; font-size: 16px; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: normal; letter-spacing: normal; line-height: 32px; orphans: auto; text-align: left; text-indent: 0px; text-transform: none; white-space: normal; widows: auto; word-spacing: 0px; -webkit-text-stroke-width: 0px; background-color: rgb(248, 248, 248);"> <span class="notranslate"> <span style="font-family: 'Source Sans Pro', sans-serif; font-size: 16px; color: #000000; background-color: #F8F8F8"> Malade, j</span></span><span class="notranslate" onmouseover="_tipon(this)" onmouseout="_tipoff()" style="color: rgb(0, 0, 0); font-family: 'Source Sans Pro', sans-serif; font-size: 16px; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: normal; letter-spacing: normal; line-height: 32px; orphans: auto; text-align: left; text-indent: 0px; text-transform: none; white-space: normal; widows: auto; word-spacing: 0px; -webkit-text-stroke-width: 0px; background-color: rgb(248, 248, 248);">e&nbsp; m'en remets à vous, le médecin parfait.</span><span style="color: rgb(0, 0, 0); font-family: 'Source Sans Pro', sans-serif; font-size: 16px; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: normal; letter-spacing: normal; line-height: 32px; orphans: auto; text-align: left; text-indent: 0px; text-transform: none; white-space: normal; widows: auto; word-spacing: 0px; -webkit-text-stroke-width: 0px; background-color: rgb(248, 248, 248); display: inline !important; float: none;"><span class="Apple-converted-space">&nbsp;</span></span><br style="color: rgb(0, 0, 0); font-family: 'Source Sans Pro', sans-serif; font-size: 16px; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: normal; letter-spacing: normal; line-height: 32px; orphans: auto; text-align: left; text-indent: 0px; text-transform: none; white-space: normal; widows: auto; word-spacing: 0px; -webkit-text-stroke-width: 0px; background-color: rgb(248, 248, 248);"> <span class="notranslate" onmouseover="_tipon(this)" onmouseout="_tipoff()" style="color: rgb(0, 0, 0); font-family: 'Source Sans Pro', sans-serif; font-size: 16px; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: normal; letter-spacing: normal; line-height: 32px; orphans: auto; text-align: left; text-indent: 0px; text-transform: none; white-space: normal; widows: auto; word-spacing: 0px; -webkit-text-stroke-width: 0px; background-color: rgb(248, 248, 248);"> Le cœur sec et assoiffé, j</span><span class="notranslate" onmouseover="_tipon(this)" onmouseout="_tipoff()" style="color: rgb(0, 0, 0); font-family: 'Source Sans Pro', sans-serif; font-size: 16px; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: normal; letter-spacing: normal; line-height: 32px; orphans: auto; text-align: left; text-indent: 0px; text-transform: none; white-space: normal; widows: auto; word-spacing: 0px; -webkit-text-stroke-width: 0px; background-color: rgb(248, 248, 248);">e viens vers l'océan de vin doux.</span><span style="color: rgb(0, 0, 0); font-family: 'Source Sans Pro', sans-serif; font-size: 16px; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: normal; letter-spacing: normal; line-height: 32px; orphans: auto; text-align: left; text-indent: 0px; text-transform: none; white-space: normal; widows: auto; word-spacing: 0px; -webkit-text-stroke-width: 0px; background-color: rgb(248, 248, 248); display: inline !important; float: none;"><span class="Apple-converted-space">&nbsp;</span></span><br style="color: rgb(0, 0, 0); font-family: 'Source Sans Pro', sans-serif; font-size: 16px; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: normal; letter-spacing: normal; line-height: 32px; orphans: auto; text-align: left; text-indent: 0px; text-transform: none; white-space: normal; widows: auto; word-spacing: 0px; -webkit-text-stroke-width: 0px; background-color: rgb(248, 248, 248);"> <span class="notranslate" onmouseover="_tipon(this)" onmouseout="_tipoff()" style="color: rgb(0, 0, 0); font-family: 'Source Sans Pro', sans-serif; font-size: 16px; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: normal; letter-spacing: normal; line-height: 32px; orphans: auto; text-align: left; text-indent: 0px; text-transform: none; white-space: normal; widows: auto; word-spacing: 0px; -webkit-text-stroke-width: 0px; background-color: rgb(248, 248, 248);"> Faites de moi ce que vous voudrez.</span></p> <p style="margin: 0px; padding: 0px; line-height: 16.787200927734375px; color: rgb(49, 49, 49); font-family: Arial, Helvetica, 'Bitstream Vera Sans', sans-serif; font-size: 14px; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: normal; letter-spacing: normal; orphans: auto; text-align: start; text-indent: 0px; text-transform: none; white-space: normal; widows: auto; word-spacing: 0px; -webkit-text-stroke-width: 0px; background-color: rgb(255, 255, 255);"> &nbsp;</p> <p align=justify> <br> ...<br> <br> &quot;... Lorsque soudain, au détour d'une rue, un lépreux nous touche de ses moignons gazés, ou que, sur le trottoir, un vieillard agonise dans l'indifférence générale, nous nous trouvons brutalement confrontés à l'innommable : la mort, cette mort à laquelle nous sommes, nous autres Occidentaux, si mal préparé...&quot;<br> Fous de l'Inde, Régis Airault<br> ...</p> <p align=justify> <br> <br> ...<br> <br> &nbsp;</p></div> <div align="left"> <p align=justify> &nbsp;</p></div> <div align="left"> <p align=justify> <font face="Comic Sans MS" size="2" color="#6600FF">??? </font></p></div> <div align="left"> <p align=justify> <font face="Comic Sans MS" size="2" color="#6600FF">Entre 1898 et 1917, le premier égout pour l’évacuation des eaux usées domestiques est <br> construit. Surnommé transewer, il traverse la ville en arc de cercle du sud vers le nord pour <br> rejoindre la Varuna puis le Gange, en aval de la ville (Carte 5). Conçu pour une population de <br> 200 000 habitants, il constitue aujourd’hui encore l’armature principale du réseau, tandis que <br> la population de Varanasi atteint 1,2 million d’habitants en 2001 </font></p></div> <div align="left"> <p align=justify> <font face="Comic Sans MS" size="2" color="#6600FF">. Par pompage électrique, l’objectif est de rediriger les eaux usées <br> arrivant sur le tronçon du Gange où ont lieu les usages religieux jusqu’au transewer au travers <br> de canalisations non gravitaires155, lequel débouche sur le Gange en aval de la ville [UPJN, <br> 2007]. , entre 1986 et 1993, la <br> réhabilitation des cinq pompes électriques construites dans les années 1970, la construction <br> d’une nouvelle station de pompage</font></p></div> <div align="left"> <p align=justify> <font face="Comic Sans MS" size="2" color="#6600FF">’un égout principal qui <br> traverserait la ville en arc de cercle du sud vers le nord pour rejoindre la Varuna puis le <br> Gange, en aval de la ville</font></p></div> <div align="left"> <p align=justify> <font face="Comic Sans MS" size="2" color="#6600FF">l’égout <br> principal construit à l’époque anglaise soit aux canaux à ciel ouvert ou aux rivières Assi et <br> Varuna, de sorte que le premier est rapidement surchargé et que les seconds contiennent à la <br> fois des eaux usées domestiques et pluviales</font></p></div> <div align="left"> <p align=justify> <span style="color: rgb(51, 51, 51); font-family: 'Trebuchet MS', Verdana, Arial, sans-serif; font-size: 13px; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: normal; letter-spacing: normal; line-height: 18.91499900817871px; orphans: auto; text-align: left; text-indent: 0px; text-transform: none; white-space: normal; widows: auto; word-spacing: 0px; -webkit-text-stroke-width: 0px; background-color: rgb(195, 217, 255); display: inline !important; float: none;"> Malgré toute la pollution qui règne ici, ce n’est pas un hasard si Bénarès, qui doit son nom de Varanasi, aux deux rivières, la Varuna et l'Assi qui se jettent dans le Gange, porte aussi le nom de Kashi, la<span class="Apple-converted-space">&nbsp;</span></span><em style="color: rgb(51, 51, 51); font-family: 'Trebuchet MS', Verdana, Arial, sans-serif; font-size: 13px; font-variant: normal; font-weight: normal; letter-spacing: normal; line-height: 18.91499900817871px; orphans: auto; text-align: left; text-indent: 0px; text-transform: none; white-space: normal; widows: auto; word-spacing: 0px; -webkit-text-stroke-width: 0px; background-color: rgb(195, 217, 255);">cité de Lumière</em><span style="color: rgb(51, 51, 51); font-family: 'Trebuchet MS', Verdana, Arial, sans-serif; font-size: 13px; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: normal; letter-spacing: normal; line-height: 18.91499900817871px; orphans: auto; text-align: left; text-indent: 0px; text-transform: none; white-space: normal; widows: auto; word-spacing: 0px; -webkit-text-stroke-width: 0px; background-color: rgb(195, 217, 255); display: inline !important; float: none;">.</span></p></div> <div align="left"> <a href="http://eausourcedevie.blogspot.fr/2006/09/le-paradoxe-du-gange.html" style="color: rgb(51, 51, 51); text-decoration: none;"> Le paradoxe du Gange</a></h3> <div class="post-header" style="color: rgb(51, 51, 51); font-family: 'Trebuchet MS', Verdana, Arial, sans-serif; font-size: 13px; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: normal; letter-spacing: normal; line-height: 18.91499900817871px; orphans: auto; text-align: left; text-indent: 0px; text-transform: none; white-space: normal; widows: auto; word-spacing: 0px; -webkit-text-stroke-width: 0px; background-color: rgb(195, 217, 255);"> <div class="post-header-line-1"> &nbsp;</div> </div> <br> Nul ne peut en douter : si le Gange est considéré par les Hindous comme un fleuve sacré, il est aussi l'un des plus pollués de la planète. Sacrée ou polluée, son eau est un véritable paradoxe...<br> <br> <strong>Face au 1,7 milliard de litres d'eaux usées déversés chaque jour dans la rivière sacrée, les capacités des usines de traitement s'avèrent insuffisantes. Malgré le milliard d'euros dépensé jusqu'ici par le gouvernement indien dans le cadre du Ganga Action Plan (GAP), le Gange continue de suffoquer</em>.&quot; (<span style="font-size: 11px;">Libération, article du 31/01/2005 - Le Gange, un dépotoir à fleuve ouvert )</span><br> <span style="font-size: 11px;"><br> Lire l'article en entier :</span><br> <a href="http://web.radicalparty.org/pressreview/print_250.php?func=detail&par=12213" style="color: rgb(34, 51, 68);"> <span style="font-size: 11px;"> http://web.radicalparty.org/pressreview/print_250.php?func=detail&amp;par=12213</span></a><br> <br> <strong><span style="color: rgb(204, 0, 0);">... une eau incorruptible</span></strong><br> <br> Certains scientifiques ont observé les caractéristiques particulières de cette eau qui &quot;pourrit pas &quot; et a d'étonnantes propriétés de régénération, dans les circonstances où on pourrait s'attendre à trouver une multiplication des germes ( cadavres, déchets...). Un ingénieur environnemental a mesuré que quantitativement, le Gange semble nettoyer les particules en suspension 15 à 20 fois plus rapidement que d'autres fleuves.<br> <br> From<span class="Apple-converted-space">&nbsp;</span><a href="http://www.science-frontiers.com/sf094/index.htm" style="color: rgb(34, 51, 68);">Science Frontiers #94, JUL-AUG 1994</a>. © 1994-2000 William R. Corliss<br> The Incorruptibility Of The Ganges</strong><p> <strong> _______________________________________________________________________